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Artémis 2 : Les astronautes ne doivent pas rester plus de dix jours sur Terre.

Les quatre astronautes de la mission Artémis II doivent amerrir vendredi soir au large de la Californie, après un vol ayant atteint plus de 406.000 km. La Nasa ambitionne un premier alunissage en 2028, soit avant la fin du mandat de Donald Trump, et la date fixée par la Chine pour mars sur la Lune en 2030.


C’est l’heure du retour. Après un vol autour de la Lune riche en moments forts et en symboles, les quatre astronautes de la mission Artémis II doivent traverser à nouveau l’atmosphère terrestre et amerrir vendredi soir au large de la Californie, marquant un dernier moment de vérité pour la Nasa. « Nous pourrons commencer à nous réjouir quand l’équipage sera en sécurité à bord du navire chargé de le repêcher », a insisté jeudi Amit Kshatriya, administrateur adjoint de la Nasa, lors d’une conférence de presse. « C’est vraiment à ce moment-là que nous pourrons laisser les émotions prendre le dessus et commencer à parler de succès. »

Après avoir voyagé à plus de 406.000 km de notre planète, surpassant ainsi tous les précédents records, la capsule Orion, transportant les Américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, doit se poser au large de San Diego vers 17h07 locales (02h07 samedi heure française). Cet amerrissage marque la conclusion de cette mission de dix jours, qui s’est déroulée jusqu’ici sans accroc. Un retour sain et sauf fournirait à la Nasa un soulagement, ayant réussi à envoyer des astronautes loin dans l’Espace pour la première fois depuis la fin du programme Apollo en 1972, après des années de retard et de doutes.

**La question du bouclier thermique**

Cette réussite dépend de la capacité du bouclier thermique d’Orion à résister aux 2.700 °C générés par le frottement avec l’atmosphère lors du retour. « Traverser l’atmosphère telle une boule de feu » constituera une expérience « marquante », soulignait le pilote Victor Glover plus tôt cette semaine, confiant qu’il attendait ce moment avec impatience depuis sa sélection dans l’équipage en 2023.

Bien que cette étape soit toujours délicate pour les astronautes revenant de la Station spatiale internationale, les inquiétudes sont exacerbées car il s’agit du premier vol habité d’Orion, et un problème a été identifié lors d’un test à vide en 2022. Lors de ce test, le bouclier thermique protégeant le vaisseau s’était détérioré d’« une manière inattendue », selon un rapport technique. Malgré cette anomalie, la Nasa a choisi de conserver le même bouclier, en modifiant la trajectoire afin de choisir un angle d’entrée dans l’atmosphère plus direct, pour limiter le rebond qui avait contribué à détériorer le bouclier thermique.

Cette décision a suscité de nombreux débats et reste une préoccupation pour les hauts responsables de la Nasa. « Je vais y penser sans arrêt jusqu’à ce qu’ils soient dans l’eau », a reconnu récemment le chef de la Nasa, Jared Isaacman, lors d’une interview. « C’est impossible de vous dire qu’il ne subsiste aucune appréhension irrationnelle. », a concédé son bras droit jeudi, tout en affirmant qu’il n’y avait pas de raisons rationnelles d’inquiétude à ce sujet. Insistant sur les multiples tests, simulations et modélisations effectués, les responsables de la Nasa affirment avoir confiance dans les calculs de leurs ingénieurs et disposer d’une marge de sécurité adéquate.

**Vers un alunissage en 2030**

Tous retiendront néanmoins leur souffle durant les 13 minutes, dont six sans communication possible avec l’équipage, qui séparent l’entrée du vaisseau dans l’atmosphère à la vitesse de 38.000 km/h de son amerrissage dans le Pacifique, après avoir été freiné par une série de parachutes solides. Les familles des astronautes seront présentes au centre spatial de la Nasa à Houston pour cet événement.

Étant principalement une mission test, Artémis II a pour but de garantir que les systèmes de la Nasa sont prêts pour permettre un retour des Américains sur la surface lunaire, dans le but d’y établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars. La Nasa vise un premier alunissage en 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs concurrents chinois pour poser le pied sur la Lune en 2030.