L’Europe attend une défaite de Viktor Orban en Hongrie.
En 2022, le Parlement européen a voté une résolution disant que la Hongrie était devenue une « autocratie électorale ». Actuellement, 18 milliards d’euros sont gelés, ce qui représente une mesure lourde pour un pays en grandes difficultés économiques.
C’est probablement le scrutin le plus déterminant de l’année en Europe. Selon les sondages, bien qu’il faille rester prudent, il semble que les Hongrois s’apprêtent à concrétiser l’espoir de nombreux dirigeants du continent : évincer Viktor Orban du pouvoir et mettre un terme à un long cauchemar qui perdure depuis 2010.
Cette année-là, Viktor Orban prend les rênes du pays et amorce un changement politique. Ancien libéral, s’opposant au régime communiste dans les années 80, il devient conservateur dans les années 90 et se positionne aujourd’hui comme une figure emblématique de l’extrême droite européenne, devenu l’architecte de l’illibéralisme.
En apparence, la Hongrie demeure une démocratie, avec des élections régulières. Cependant, il s’agit d’une démocratie de façade dissimulant un régime autoritaire. À son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orban attaque la liberté de presse, limite les prérogatives de la Cour constitutionnelle et nomme ses proches à des postes clés de l’État. Ainsi, une question s’est rapidement posée en Europe : faut-il sanctionner la Hongrie ?
Les violations et menaces concernant l’État de droit se succèdent : corruption, conflits d’intérêts, attaques contre l’indépendance des médias et de la justice, ainsi que des atteintes aux libertés fondamentales, notamment envers les minorités LGBTQ+ et les migrants. En 2022, le Parlement européen adopte une résolution affirmant que la Hongrie est devenue une « autocratie électorale », déplorant également l’inaction de l’Union européenne.
Face à cette dérive, l’Union européenne apparaît impuissante. Elle ne dispose pas de mécanismes pour exclure la Hongrie, cette possibilité n’étant pas prévue dans les traités européens. Les fondateurs du projet européen, à la suite des traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, pensaient naïvement qu’aucun État membre ne porterait atteinte aux valeurs démocratiques. Bien qu’il existe des sanctions en cas d’attaques contre l’État de droit, comme la perte du droit de vote au sein du Conseil européen, leur application est complexe. Une procédure initiée en 2018 reste encore en suspens.
La Hongrie peut également se voir bloquer des fonds européens, ce qui est déjà le cas, avec 18 milliards d’euros actuellement gelés, une mesure sévère pour un pays en grande difficulté économique. Cependant, ces mesures n’ont pas réussi à faire fléchir Viktor Orban.
Non seulement Orban a consolidé son contrôle sur la Hongrie avec le temps, mais il a également fragilisé l’Union européenne. Il refuse de soutenir Kiev et adopte une posture de cheval de Troie pour la Russie. Des révélations récentes ont mis en lumière des échanges d’informations entre le ministre des Affaires étrangères hongrois et son homologue russe, ainsi que des discussions sur les sanctions européennes contre la Russie. Orban, proche de Vladimir Poutine, est également un allié de Donald Trump, un président américain qui désire diviser l’Union européenne.
Le dirigeant hongrois a ciblé l’Union européenne, l’accusant d’alimenter la guerre en Ukraine, de menacer l’identité chrétienne du continent, et de constituer une nouvelle Union soviétique à laquelle les Hongrois doivent résister.
Pourtant, de nombreux Hongrois semblent se détourner de son discours. La grave crise économique actuelle pourrait coûter sa place à Viktor Orban. Les sondages de ces derniers mois prédisent la victoire de son principal rival, Peter Magyar, un conservateur promettant de réconcilier la Hongrie avec l’Union européenne, bien que cela reste à prouver.
En attendant les résultats des élections, plus d’un leader européen espère que les Hongrois formuleront dimanche un « au revoir, dictateur », le surnom donné à Viktor Orban avec humour par Jean-Claude Juncker, l’ancien président de la Commission européenne, exprimant ainsi ce que beaucoup pensaient tout bas depuis plus de dix ans.

