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Un jour, une carte : « You’re fired », Trump et Hegseth nettoient l’armée américaine au Pentagone.

Pete Hegseth a viré cette semaine le chef de l’état-major de l’armée de terre, le général Randy George, qui était en poste depuis 3 ans. Les démocrates affirment qu’il s’agit d’une politisation forcée de cette armée qui est traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l’appareil d’État américain.


Pete (r) Hegseth, secrétaire américain à la Défense, reproche aux responsables militaires, de toutes les branches de l’armée, leur incompétence. Il adopte le ton de l’émission de télé-réalité de Donald Trump en lançant : « Vous êtes virés ».

Cette semaine, il a démis de ses fonctions le général Randy George, chef d’état-major de l’armée de terre, qui a servi depuis trois ans en Irak et en Afghanistan. Il y a moins d’un an, Charles Brown, le chef suprême des armées, a également été licencié. Les chefs de la Marine, des gardes côtes, ainsi que le directeur de la NSA, le service de renseignement du département de la Défense, ont également été écartés.

Ces changements pourraient être perçus comme une purge au sein des militaires. Il est pertinent de se demander ce qui se cache derrière ces licenciements. Généralement, ces officiers ont un long parcours militaire reconnu, mais se retrouvent soudainement à la retraite. Randy George a 61 ans.

Traditionnellement, les présidents américains, qu’ils soient républicains ou démocrates, choisissent des militaires compétents qui restent fidèles à la nation tout en s’alignant sur leur vision politique. En l’occurrence, c’est la rapidité avec laquelle ces changements surviennent qui suscite des inquiétudes. Hegseth insiste pour nommer des hommes qui, selon ses propres termes, « doivent être comme je le veux ». En quelques mois, une dizaine d’officiers ont été remplacés.

Les démocrates jugent que cette situation signale une politisation maladroite de l’armée, qui a traditionnellement été plus à l’écart des luttes politiques comparativement au reste des institutions américaines. Cependant, pourquoi ces « expulsions » interviennent-elles en plein conflit avec l’Iran, même si un cessez-le-feu fragile est en place ? S’agit-il d’une résistance des officiers à suivre les impulsions du pouvoir de Trump et de son entourage ? C’est incertain.

Un des propos remarquables de Trump retentit : « Si vous n’aimez pas ce que je dis, vous pouvez quitter la salle – et dire au revoir à votre grade, à votre avenir. »

Il convient de rappeler qu’il y a seulement cinq mois, Trump avait exprimé sa volonté d’implanter des militaires dans les villes américaines, déclarant que certaines d’entre elles pourraient servir de terrain d’entraînement. À ce moment, les généraux restèrent silencieux, ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Trump qui ajouta : « Je ne suis jamais entré dans une salle aussi silencieuse. »

Il est également essentiel d’aborder l’implication financière derrière ces changements. Avec un budget military de 1000 milliards de dollars, ces décisions semblent refléter l’interaction entre la gouvernance et les intérêts financiers. Dans l’univers de Trump, cela se traduit également par des opportunités commerciales, notamment à travers des contrats militaires qui peuvent s’avérer lucratifs pour certains acteurs privés.