Belgique

Cuba propose des négociations, mais exclut un changement de régime.

Le président américain a menacé Cuba plusieurs fois et de manière explicite ces dernières semaines, notamment le 7 mars en déclarant que Cuba « vivait ses derniers moments » et le 17 mars en indiquant que l’État cubain était le « prochain sur la liste ». L’ambassadeur de Cuba en Belgique, Juan Antonio Fernandez Palacios, a déclaré que la politique du blocus, qui a débuté en 1960, est la principale raison des difficultés économiques rencontrées par Cuba.


Le président américain a à plusieurs reprises menacé Cuba ces dernières semaines. Le 7 mars, il a affirmé que Cuba « vivait ses derniers moments » et le 17 mars, il a averti que l’État cubain était le « prochain sur la liste ».

Selon l’ambassadeur de Cuba en Belgique, Juan Antonio Fernandez Palacios, la situation dramatique actuelle des Cubains est le fruit de la politique américaine. Il déclare : « La politique du blocus n’a pas commencé le 29 janvier, ça vient de 1960. À l’époque, le secrétaire général des États-Unis (en réalité, le sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires interaméricaines), Lester D. Mallory, a fait un mémorandum secret qui définit très clairement l’objectif du blocus ».

Pour l’ambassadeur, ce blocus a engendré de lourdes répercussions économiques durant des dizaines d’années : « On souffre depuis 65 ans d’un blocus commercial, financier et même économique. On a perdu des milliards d’euros comme conséquence. C’est vrai, il y avait une situation difficile chez nous. À partir du Covid-19, ce n’était pas possible pour nous de récupérer plus rapidement, malgré les efforts qu’on avait faits. Mais le blocus, si on est honnête, c’est la principale raison de la situation des difficultés et des problèmes ». Ce blocus a contraint le pays à modifier son économie.

Cuba cherche à établir un dialogue et à faire preuve de patience face à Donald Trump. L’ambassadeur Juan Antonio Fernandez Palacios explique que le blocus est un problème central pour le régime cubain qui essaie de trouver des solutions pour sortir de la crise : « Nous sommes prêts à écouter et à identifier les problèmes et les solutions bilatérales entre nos deux pays ». Il ajoute : « En même temps, nous sommes en train d’ouvrir notre économie. On a fait un grand effort pour la transition énergétique, pour sortir de ce blocus pétrolier, par exemple avec l’énergie photovoltaïque. C’est un effort. On est en train d’ouvrir le plus possible l’économie en faisant des possibilités ».

L’ambassadeur souligne que Cuba reste patient face aux déclarations de Donald Trump sur les réseaux sociaux : « Vous savez, le président parle d’une chose aujourd’hui, d’une autre chose demain. On écoute, comme tout le monde, avec la patience et la disposition, encore une fois, d’aborder toutes ces situations à travers un dialogue. Ce n’est pas possible, ce n’est pas sérieux de parler des questions de la guerre ou de la paix sur les réseaux sociaux. Il faut être sérieux sur ce point. Et Cuba, c’est un pays de paix. Et nous sommes tout le temps disponibles à discuter, à négocier sous le respect de la souveraineté et l’indépendance du pays. Et bien sûr, c’est hors de question d’aborder le problème d’un changement de régime qu’ils cherchent ». En attendant, la situation économique ne semble pas prête à s’améliorer à Cuba tant qu’une solution n’est pas trouvée entre les deux pays.

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