France

Armée : La France peut désormais abattre des drones avec missiles.

La France a testé avec succès le tir d’un missile Hellfire depuis un drone MQ-9 Reaper sur des cibles aériennes, selon une annonce du ministère des Armées. Elle dispose actuellement de douze drones Reaper, qui ont été présentés lors du défilé militaire du 14 juillet 2022 à Paris.


La France, désireuse d’améliorer son arsenal contre les drones, a réalisé avec succès des tirs contre des cibles aériennes depuis un drone Reaper utilisant un missile initialement conçu pour des cibles terrestres, a annoncé mercredi le ministère des Armées.

« L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE), en collaboration avec la Direction générale de l’armement (DGA), a réalisé avec succès des tirs d’expérimentation du missile Hellfire depuis un drone MQ-9 Reaper sur des cibles aériennes de type drone », a précisé le ministère, insistant sur l’adaptation du Hellfire à cette nouvelle fonction.

Une adaptation en trois mois sur les drones Reaper

« L’esprit d’innovation de l’AAE a permis, seulement trois mois après la mise en service du Hellfire sur Reaper, d’étendre l’utilisation de cette munition conçue à l’origine pour des cibles au sol », a ajouté le ministère, mettant en avant « une nouvelle capacité opérationnelle pour contrer la menace drone ».

La France dispose de douze drones Reaper, ici présent lors du défilé militaire du 14 juillet 2022 sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris.
La France dispose de douze drones Reaper, ici présent lors du défilé militaire du 14 juillet 2022 sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris.  - L. Marin / AFP

Le drone Reaper, fabriqué par l’Américain General Atomics, est un drone de type MALE (moyenne altitude, longue endurance). Il est conçu pour des missions de surveillance et de frappes au sol, notamment à l’aide de ses missiles Hellfire, fabriqués par l’Américain Lockheed Martin. La France possède douze Reaper.

Face à la multiplication des drones dans les conflits, illustrée par les vagues de drones Shahed en Ukraine ou au Moyen-Orient, toutes les armées s’efforcent de renforcer leurs capacités de lutte contre les drones, afin de ne pas avoir à utiliser des missiles sophistiqués et coûteux contre des cibles valant quelques dizaines de milliers de dollars.

Modification des canons des Rafale à l’étude

Le Hellfire, conçu comme missile antichar, coûte environ une centaine de milliers de dollars l’unité, un montant similaire à celui d’un drone Shahed. Pour détruire ce type de drones, l’armée française utilise actuellement ses avions Rafale et leurs missiles Mica, côtés à plus de 600.000 euros. Plus de 70 missiles ont été tirés ces dernières semaines pour abattre des drones iraniens menaçant ses alliés émiratis.

L’armée dispose également d’hélicoptères de combat, tels que le Tigre avec son canon de 30 mm, ou le Fennec avec ses mitrailleuses, ainsi que de systèmes sol-air comme les SAMP/T ou le VL MICA, qui utilisent des missiles intercepteurs.

Dans sa stratégie d’adaptation, la France réalise plusieurs expérimentations pour renforcer ses capacités, notamment en envisageant de modifier les canons de 30 mm des Rafale afin de leur permettre de cibler des drones. Actuellement, ces canons sont réglés pour le combat aérien entre chasseurs et ne conviennent pas aux cibles très lentes comme les drones Shahed.