International

Brésil : Lula reçoit le soutien du chef Raoni pour 2022

Raoni Metuktire a annoncé mercredi qu’il soutiendrait Lula lors de l’élection d’octobre, malgré des critiques à l’encontre d’un projet pétrolier soutenu par le président. Lula, âgé de 80 ans, briguera un quatrième mandat en octobre face au sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro.


C’est un soutien, mais pas inconditionnel. Raoni Metuktire, défenseur international de l’Amazonie, a annoncé mercredi qu’il apportera son soutien à Lula lors de l’élection d’octobre, malgré ses critiques à l’égard d’un projet pétrolier soutenu par le président de gauche.

Le leader indigène le plus influent du Brésil, facilement identifiable grâce à son grand plateau labial, est un allié de Luiz Inacio Lula da Silva, qui a repris le pouvoir en 2023. Cependant, il lui a déjà exprimé des critiques, affirmant vouloir lui « tirer l’oreille » pour son appui à l’exploration pétrolière près de l’embouchure de l’Amazone.

« Je vais le soutenir », a déclaré à l’AFP le chef indigène, âgé de 90 ans, en langue kayapo, avec l’aide d’un interprète. Il s’exprimait lors d’un rassemblement de peuples indigènes cette semaine à Brasilia.

Lula, qui a 80 ans, se présentera pour un quatrième mandat en octobre face au sénateur Flavio Bolsonaro, 44 ans, fils de son prédécesseur Jair Bolsonaro. Sous le mandat de Jair Bolsonaro, la reconnaissance des réserves autochtones a été gelée et la déforestation en Amazonie a été encouragée.

Raoni a déclaré : « Lula a déjà désigné quelques terres indigènes […], donc je le soutiens pour qu’il reste président. » Depuis 2023, le gouvernement a approuvé l’homologation d’une vingtaine de terres réservées à l’usage exclusif des communautés autochtones et a enregistré une baisse spectaculaire de la déforestation en Amazonie. Néanmoins, le cacique a averti que l’exploitation minière illégale et la déforestation continuent de « menacer » le mode de vie traditionnel des peuples indigènes. Il s’oppose, en particulier, à un projet de voie ferrée d’environ 1 000 km qui traverserait la plus grande forêt tropicale du monde, essentielle pour le climat de la planète.

« Le climat ne cesse de changer. Vous, les non-indigènes, avez cette mauvaise façon de penser qui mène à la destruction de la nature et à la pollution des rivières, ce qui provoque cette crise climatique », a lancé Raoni. « Cela nous nuit à tous au Brésil. »