France

Défense : Les agents de sécurité privés pourront abattre des drones immédiatement

Le gouvernement français prévoit d’élargir ses capacités de riposte contre les incidents impliquant des drones, en confiant de nouvelles prérogatives à des acteurs privés à partir du projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. Une phase d’expérimentation est en cours et doit se poursuivre jusqu’à l’été afin d’« identifier des solutions techniques innovantes » pour protéger les quelque 1.500 sites sensibles recensés en France.


Face à la hausse des incidents liés aux drones, le gouvernement français projette de renforcer les dispositifs de réponse en accordant de nouvelles prérogatives à des acteurs privés. Mercredi 8 avril 2026, Nicolas Roche, Secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale (SGDSN), a précisé devant les députés une avancée significative intégrée au projet de mise à jour de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030.

Jusqu’à présent, seules les forces armées et de sécurité avaient le droit d’intervenir contre les drones, mais leur nombre ne suffit pas à couvrir tous les sites sensibles. Dans un contexte où les drones civils se multiplient, cette approche semble inadaptée. « La lutte antidrones doit s’adapter à l’évolution de la menace qui n’est plus uniquement constituée de drones de conception militaire », a déclaré Nicolas Roche, mentionnant « de petits drones souvent vendus dans le commerce […] qui ont provoqué des ruptures dans la continuité des activités essentielles à la vie de la nation ».

Les perturbations survenues en 2025 dans plusieurs aéroports européens illustrent cette évolution de la menace. En plus des infrastructures aériennes, des sites sensibles tels que des bases militaires, des installations énergétiques ou des établissements pénitentiaires sont régulièrement survolés, parfois par accident, parfois intentionnellement. Pour faire face à cette réalité, les agents de sécurité des opérateurs d’importance vitale (OIV) pourraient être autorisés à « mettre en œuvre un certain nombre de dispositifs de brouillage ou de neutralisation des drones ».

Cette nouvelle capacité sera strictement réglementée. Elle ne pourra être utilisée qu’en cas de « menace imminente ou en raison d’une interdiction de survol pour des motifs d’ordre militaire ou de sécurité publique », a précisé Nicolas Roche, qui souligne les garanties prévues : les agents devront être « habilités, formés, contrôlés ». Une phase d’expérimentation est actuellement en cours et doit se prolonger jusqu’à l’été afin « d’identifier des solutions techniques innovantes » pour protéger durablement les quelque 1.500 sites sensibles recensés en France.