« « Nous n’avons aucune chance » : le patron de Honda s’exprime en Chine »
Le patron de Honda, Toshihiro Mibe, a visité fin février 2026 une usine de fournisseur à Shanghai, où il n’a trouvé aucun ouvrier, uniquement des robots. Sur les 5 dernières années, les ventes de Honda en Chine ont reculé sans interruption, avec une chute de 24 % en 2025 par rapport à l’année précédente.
La visite d’une usine à Shanghai a suffi à convaincre le dirigeant de Honda que la situation n’était plus tenable. Face à une industrie automobile chinoise ayant évolué à une vitesse imprévue, le constructeur japonais réorganise son fonctionnement pour retrouver la réputation de ses ingénieurs.
Les derniers voyages d’affaires de Toshihiro Mibe, le patron de Honda, n’ont visiblement pas été des plus réjouissants, surtout en raison d’une série de mauvaises nouvelles concernant l’électrique. Le projet Afeela en partenariat avec Sony a été abandonné, et Honda a récemment annoncé l’arrêt du développement de deux modèles électriques innovants.
Fin février 2026, Mibe a visité une usine de fournisseur à Shanghai, qui fournit à la fois Tesla et d’autres fabricants locaux. Ce qu’il a découvert l’a visiblement choqué : pas un seul ouvrier, uniquement des robots. Une chaîne de production entièrement automatisée, silencieuse et extrêmement efficace dominait l’espace. Sa réaction, rapportée par le média japonais Nikkei Asia, a été simple : « Nous n’avons aucune chance. » Ce n’est pas le type de déclaration typique d’un PDG en déplacement, mais cela a le mérite d’être franc.
Les constructeurs chinois peuvent désormais développer un nouveau modèle en 18 à 24 mois, alors que leurs concurrents japonais et européens nécessitent le double, voire le triple de ce temps. Cette différence de délai engendre des coûts considérables et creuse l’écart entre les deux.
Honda, qui opère en Chine depuis des décennies par le biais de coentreprises avec des entreprises comme Dongfeng et GAC, fait face à une réalité où ces partenariats ne parviennent plus à compenser la pression des marques locales. Au cours des cinq dernières années, les ventes de Honda en Chine ont constamment diminué. En 2025, environ 640 000 véhicules avaient été vendus, soit une baisse de 24 % par rapport à l’année précédente.
Pour 2026, les prévisions s’annoncent encore moins optimistes, avec un risque de descendre sous les 600 000 unités. Un projet de marque électrique spécialement dédié au marché chinois a été mis de côté, jugé insuffisant pour inverser la tendance, ce qui n’est pas encourageant au regard des échecs similaires récents.
L’une des décisions les plus symboliques de Toshihiro Mibe a été de recréer un département R&D indépendant au sein de Honda. En 2020, son prédécesseur, Takahiro Hachigo, avait intégré Honda R&D dans la structure mère pour rationaliser les coûts et améliorer l’efficacité. Mibe avait d’ailleurs soutenu cette intégration à l’époque, ayant dirigé ce département avant de prendre ses fonctions actuelles. Aujourd’hui, il fait marche arrière sur cette décision afin de redonner aux ingénieurs un rôle central et de retrouver la culture technique qui a longtemps caractérisé Honda, une marque liée de manière forte à l’univers de la compétition automobile.

