Maroc

Une trêve ? Ouf !

Le 28 février, alors que le bruit de bottes battait le plein, il avait été rapporté que la paix était « à portée de main ». Quinze jours d’un répit supposé sont annoncés pour permettre à l’Iran de se reconstruire et aux Iraniens de panser leurs blessures.


« Une guerre, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça se termine ». C’est avec cette citation que nous avons répondu, dans Libé, à un trop optimiste « la paix à portée de main », le 28 février dernier, alors que les bruits de bottes étaient omniprésents. Aujourd’hui, 38 jours plus tard, la situation est plus claire.

Trente-huit jours de désastre, de frappes dévastatrices, de coups et de contrecoups… La diplomatie a cédé face à la volonté farouche de frapper ou de riposter. La soif de sang et le désir de destruction étaient devenus dominants. Chaque camp s’est convaincu d’avoir une légitimité à agir de la sorte.

De part et d’autre, le terme « collatéral » a été utilisé sans vergogne, devenu impropre par les circonstances. « Collatéral », disent-ils, alors que des édifices s’effondrent tels des châteaux de cartes, et que des personnes tombent comme des mouches.

Il semble qu’il faille ignorer ces dégâts qualifiés de « collatéraux » et ces victimes jugées « collatérales ». Puis est survenu un cessez-le-feu, une trêve. Miracle, il a été décidé de déposer les armes pour engager des négociations jusque-là négligées.

Néanmoins, restons prudents malgré ce développement. Les deux parties s’auto-proclament victorieuses, ce qui démontre que toutes deux sont en réalité perdantes.

Quinze jours de répit supposé ont été annoncés. L’avenir dira si l’Iran pourra se reconstruire et si les Iraniens pourront guérir leurs blessures. Pendant ce temps, que s’est-il réellement passé en Iran ? Le régime, bien que décapité, demeure en place. Le système reste solidement ancré. L’uranium est toujours présent, caché quelque part. Le seul changement est l’augmentation de l’exposition des opposants au régime. Du côté de Tel-Aviv, la logique de la guerre perdure. Le Liban souffre toujours d’une violence meurtrière et destructrice sans fin.

**Par Mohamed Benarbia**