Présidentielle 2027 : Olivier Faure ne garde-t-il pas le PS ?
Mardi soir, lors du bureau national du Parti socialiste, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, et ses amis ont quitté la réunion avant la fin en raison de désaccords stratégiques sur la présidentielle de 2027. La direction a proposé mardi soir un vote des adhérents avant fin juin « sur le projet, le périmètre et les modalités de départage », repoussant la question de la désignation d’un candidat après l’été.
« Cela ressemble un peu à du théâtre, mais au PS, on en a vu d’autres… » Mardi soir, le bureau national du parti avait des allures de Vaudeville entre le Premier secrétaire, Olivier Faure, et ses opposants. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, et ses alliés ont quitté la réunion avant qu’elle ne se termine, en raison de désaccords stratégiques concernant l’élection présidentielle de 2027. Depuis plusieurs semaines malmené et critiqué pour son soutien à la primaire de la gauche, le dirigeant du PS est-il en train de perdre son emprise ?
« Une dramatisation outrancière »
Depuis plusieurs mois, Olivier Faure essaie d’organiser une primaire regroupant toute la gauche, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon, en collaboration avec François Ruffin, Marine Tondelier et Clémentine Autain. Cependant, au sein du Parti socialiste, cette idée ne fait pas l’unanimité. Que ce soit parmi l’aile droite du parti – chez les partisans du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol – ou dans le camp de Boris Vallaud. Le président des députés PS plaide pour que les adhérents choisissent leur candidat avant l’été, afin de rassembler la gauche pour la présidentielle. « Les opposants à Faure exigeaient un vote sur ce point, mais il a refusé de l’ajouter à l’ordre du jour, alors certains ont quitté le bureau. C’est beaucoup de psychodrame pour pas grand-chose… », a déclaré Romain Eskenazi, député du Val-d’Oise et opposant.
« Il y a une dramatisation outrancière chez certains, ‘pas content, pas content !’, mais nous sommes au PS, donc nous débattons. Un candidat c’est bien beau, mais candidat à quoi ? Une primaire ? La présidentielle ? Ne mettons pas la charrue avant les bœufs », répond Arthur Delaporte, député PS du Calvados et supporter de Faure. Le Premier secrétaire du Parti socialiste s’est agacé mardi soir face aux stratégies cachées de certaines personnes. Préparent-elles le terrain pour une candidature de Raphaël Glucksmann ? De François Hollande ? De Boris Vallaud lui-même ?
« La question est de savoir si nous sommes tous d’accord pour avoir une candidature commune hors-LFI ? Et comment préparer une telle candidature ? Certains ne veulent pas de primaire, alors comment faisons-nous ? Quand on les interroge, il n’y a pas de réponse. Est-ce que cela nécessite des esclandres et des claquements de porte ? Je ne pense pas… », a soupiré Laurent Baumel, député PS d’Indre-et-Loire et soutien de Faure.
« La petite primaire »
« Olivier Faure ne peut pas imposer seul la primaire, il n’a jamais dit cela. Mais il a été élu avec une stratégie de rassemblement de la gauche, et ce sont finalement les militants qui décideront », défend Arthur Delaporte. La direction a ainsi proposé mardi soir un vote des adhérents avant la fin juin « sur le projet, le périmètre et les modalités de départage », repoussant la désignation d’un candidat après l’été, ce qui a agacé ses opposants qui l’accusent de gagner du temps.
« Le problème de la primaire, c’est qu’elle n’inclut pas Glucksmann ni les communistes [qui refusent d’y participer]. C’est donc une petite primaire, qui ne peut pas créer un élan suffisamment fort pour atteindre le second tour », critique Romain Eskenazi. Il ajoute : « Il faut donc désigner un candidat qui aura une légitimité forte pour trancher la ligne stratégique. »
Divisé, le Parti socialiste semble actuellement incapable de se structurer en vue de la prochaine présidentielle. « Pour l’instant, il y a un blocage. Mais si le PS ne veut pas se suicider, cela ne peut que se débloquer », souligne Laurent Baumel, qui conclut avec prudence : « Même si avec nous, le pire n’est jamais exclu… »

