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Cécile Kohler et Jacques Paris dénoncent des « conditions inhumaines » en Iran.

Les deux ex-détenus, Jacques Paris et Cécile Kohler, ont été arrêtés le 7 mai 2022 et ont passé plus de trois ans en détention dans la prison d’Evine en Iran. Ils ont atterri peu avant 9 heures à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, après avoir quitté Téhéran mardi à l’aube pour rejoindre l’Azerbaïdjan par la route.


Les deux anciens détenus, Jacques Paris et Cécile Kohler, ont dénoncé mercredi les « conditions inhumaines » et l’« horreur quotidienne » de leur emprisonnement durant trois ans et demi en Iran, affirmant avoir été confrontés à « un arbitraire permanent ».

Dans le jardin de l’Elysée, quelques heures après leur arrivée à Paris, Cécile Kohler a exprimé son « bonheur immense » de retrouver ses proches et a remercié leurs familles, leur comité de soutien et le président Emmanuel Macron pour leurs efforts en faveur de leur libération. « Nous ne sommes pas brisés, nous allons témoigner », a déclaré Jacques Paris, 72 ans, aux côtés de Cécile Kohler, 41 ans, après un long entretien avec Emmanuel Macron.

Arrêtés en mai 2022 et accusés d’espionnage, les deux Français ont passé plus de trois ans et demi dans la sinistre prison d’Evine, avant d’être libérés début novembre 2025, mais avec l’interdiction de quitter le territoire iranien jusqu’à mardi. Ils étaient assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran. « Nous étions des otages, des otages d’État. Nous avons été traités dans des conditions extrêmement difficiles. On peut même dire que nos conditions de détention étaient inhumaines », a raconté Jacques Paris en évoquant Evine, « le centre de répression principal en Iran ».

Dans cette prison, ils étaient enfermés « au centre d’interrogatoire, où le régime est beaucoup plus compliqué, beaucoup plus difficile, où vous n’avez aucun droit ». Ils n’ont pas pu choisir leurs avocats et les contacts avec leur famille étaient « épisodiques et extrêmement brefs ». « Nous étions sous menace permanente », a-t-il ajouté. « Nous n’avions pas le droit de lire, pas le droit d’écrire. Dès que nous sortions de notre cellule, nous avions les yeux bandés ».

Malgré ce calvaire, Cécile Kohler a voulu transmettre « un message d’espoir, parce que nous avons gardé espoir jusqu’au bout et aujourd’hui, nous sommes là pour vous parler ». « Nous mesurons à quel point nous l’avons échappé belle », a-t-elle également souligné, ayant été condamnée à 20 ans de prison tandis que Jacques Paris a été condamné à 17 ans pour espionnage, notamment au profit d’Israël, un crime passible de la peine de mort en Iran.

Cela « aurait pu être encore bien pire que ce que nous avons vécu, bien plus long », a-t-elle précisé. Ils ont atterri peu avant 9 heures à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, après un long périple. Après avoir quitté Téhéran mardi à l’aube pour gagner, par la route et dans un convoi diplomatique, l’Azerbaïdjan où ils ont passé la nuit, Emmanuel Macron a exprimé son « extrême bonheur » de leur retour et a remercié « les autorités omanaises pour leurs efforts de médiation ».

Cécile Kohler, professeure de lettres, et Jacques Paris, enseignant à la retraite, avaient été arrêtés le 7 mai 2022, lors de leur dernier jour d’un voyage touristique en Iran. Les différents ministres français des Affaires étrangères avaient travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un contexte compliqué par la guerre en Iran, déclenchée le 28 février. Leur libération représente l’aboutissement d’un « effort de très longue haleine », a déclaré mardi l’Elysée.

Pour Paris, le temps était pressant alors que le président américain, Donald Trump, avait émis mardi un nouvel avertissement à l’encontre de Téhéran, avant de terminer in extremis un cessez-le-feu de deux semaines. « Le cessez-le-feu annoncé en Iran et le retour des deux Français est une double satisfaction », a réagi mercredi une source diplomatique iranienne à l’AFP, confirmant le rôle des autorités omanaises. « Oman est un pays avec lequel les Iraniens entretiennent des relations très amicales », a ajouté cette source. « Ce sont les hommes de confiance de l’Iran ».

Ces derniers mois, le gouvernement de Téhéran a évoqué un échange – jamais confirmé par Paris – en contrepartie de la libération d’une Iranienne, Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025 pour apologie du terrorisme, entre autres charges. L’assignation à résidence de cette dernière a été levée, selon son avocat Nabil Boudi.

Interrogé sur une éventuelle contrepartie à leur libération, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a évoqué des « discussions sensibles, par nature confidentielles et qui doivent rester confidentielles », mais a assuré qu’« en aucun cas et d’aucune manière, nous n’avons mêlé le sort de nos otages avec les choix de politique étrangère de la France ».

L’Iran continue de multiplier les arrestations de ressortissants occidentaux, les accusant généralement d’espionnage, souvent dans le but de les utiliser comme monnaie d’échange pour obtenir la libération d’Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou pour obtenir des garanties politiques. Au plus fort de la crise des « otages d’État » avec Paris, Téhéran a détenu jusqu’à sept ressortissants français simultanément. Il n’y en a désormais plus.