Tunisie

Écosystème des startups : Attractivité régionale et défi du scale-up

La Tunisie, malgré un marché étroit et une maturité précoce, attire toujours des investissements grâce à des talents compétitifs et un cadre réglementaire avancé. En 2025, 37 millions de dollars ont été levés pour 18 startups financées, ce qui indique une baisse du deal flow dans l’écosystème tunisien.


**Talents compétitifs, cadre réglementaire structurant et projection naturelle vers le marché africain : la Tunisie renforce progressivement sa position dans le secteur technologique régional.**

**Il reste à transformer ces atouts en une dynamique de croissance durable dans un marché encore limité.**

**La Presse** — En dépit de la taille restreinte de son marché et de sa maturité encore embryonnaire, le dynamisme de l’écosystème tunisien des startups est en pleine évolution. Soutenu par des talents de haut niveau sur le plan international et par un cadre réglementaire favorable, il continue d’attirer des investissements.

C’est essentiellement ce qui a été souligné lors des interventions des intervenants ayant participé à un webinaire récemment organisé par La French Tech Tunis.

Consacré au secteur technologique et aux services, ce rendez-vous, dirigé par des spécialistes de l’investissement technologique, visait à mettre en lumière les opportunités dont disposent les startups en Afrique du Nord.

Les participants ont particulièrement mis l’accent sur trois écosystèmes majeurs de la région : le Maroc, la Tunisie et l’Égypte.

Concernant l’écosystème tunisien, les intervenants ont particulièrement insisté sur la qualité des talents, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle.

« Au niveau technologique, la Tunisie forme des talents très solides, avec un coût du travail particulièrement compétitif par rapport à la région », a déclaré Meryem El Aroui, Senior Manager chez Inskip.

« Le talent tunisien en intelligence artificielle est exceptionnel. J’ai observé un très haut niveau de qualité, parmi les meilleurs talents en Afrique. Ils n’ont rien à envier aux « Global Talent ». »

Les startups historiques ont attiré le capital-risque. Nous sommes tous à la recherche de la prochaine grande startup. La culture technologique y est également très solide, a ajouté Nihal Grii, responsable du développement de l’écosystème d’investissement chez Renew Capital.

### Capitaliser et valoriser les atouts

En plus de son réservoir de compétences, la Tunisie offre, selon les intervenants, un autre atout majeur : le Startup Act.

Ce cadre réglementaire a contribué à structurer un écosystème qui demeure encore très jeune et qui manque de profondeur.

« Nous sommes sur un marché certes très jeune et de taille réduite, mais c’est probablement, parmi ces trois écosystèmes, celui qui est le plus structuré en termes de cadre légal.

Dès 2018, le « Startup Act » a été lancé. Il s’agit d’un cadre pionnier dans la région, qui offre de nombreux avantages fiscaux, facilite l’accès au financement et fournit un cadre très clair aux entrepreneurs », a ajouté Meryem El Aroui.

L’orientation vers le marché africain constitue également un atout pour l’écosystème tunisien et, plus largement, pour les jeunes entrepreneurs, car elle leur permet d’attirer l’intérêt des fonds d’investissement panafricains.

Selon Nihal Grii, l’analyse du contexte tunisien a révélé une forte tendance chez les jeunes entrepreneurs tunisiens à s’internationaliser et à se développer vers l’Afrique.

« Les entrepreneurs tunisiens excellent dans le test sur d’autres marchés. Ils commencent par tester le marché tunisien et prennent rapidement la décision de s’étendre à d’autres écosystèmes.

C’est très positif car, étant donné que le marché est petit, ils osent, ce qui les aide à améliorer leurs processus, leurs offres et les pousse à être très compétitifs sur la scène mondiale », a-t-elle souligné.

En ce qui concerne les faiblesses, l’écosystème tunisien souffre encore d’un manque de profondeur. En 2025, 37 millions de dollars ont été levés pour 18 startups financées, ce qui indique, selon les intervenants, un flux d’opportunités d’investissement en baisse.

La question des taux de change, la fuite des talents, mais aussi le manque de business angels et, de manière plus générale, l’insuffisance des financements en phase pré-revenus figurent parmi les principaux obstacles au développement de l’écosystème tunisien.

Enfin, entre similitudes et différences, les intervenants ont mis en avant que le défi pour ces trois écosystèmes réside désormais dans le passage à l’échelle.