L’Iran ne cesse d’effectuer des frappes, Trump réitère ses menaces.
L’Iran a lancé lundi de nouvelles attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles « dévastatrices » si Donald Trump mettait à exécution ses menaces répétées. En Israël, les pompiers ont indiqué lundi avoir retrouvé deux personnes mortes sous les décombres d’un immeuble frappé par un missile iranien la veille à Haïfa, dans le nord du pays.
L’Iran a lancé lundi de nouvelles attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles « dévastatrices » si Donald Trump mettait à exécution ses menaces répétées. Plus d’un mois après le début de la guerre du Moyen-Orient, qui a causé des milliers de morts et perturbé l’économie mondiale, Téhéran a ciblé avec des missiles et des drones Israël, le Koweït et les Émirats arabes unis.
En Israël, les pompiers ont annoncé lundi avoir retrouvé deux personnes décédées sous les décombres d’un immeuble touché par un missile iranien la veille à Haïfa, au nord du pays. Deux autres personnes sont toujours portées disparues. L’armée israélienne a pour sa part affirmé avoir mené une nouvelle série de frappes contre Téhéran.
Dans la capitale iranienne, une installation gazière a été endommagée par une frappe, privant une partie de Téhéran de gaz, selon la télévision d’État (Irib). L’université adjacente a également subi des dégâts.
D’après les médias iraniens, plusieurs attaques ont eu lieu dans des quartiers résidentiels de Téhéran, entraînant l’évacuation de huit hôpitaux. L’agence de presse Tasnim a rapporté cinq morts suite à une frappe sur un quartier résidentiel à Qom, dans le centre.
Après les menaces de Donald Trump de cibler bientôt de nouvelles infrastructures civiles, un responsable iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dénoncé de possibles « crimes de guerre ». « Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues », a averti le porte-parole du commandement militaire iranien dans un communiqué.
Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, ne montre aucun signe de désescalade : les frappes se multiplient chaque jour, tout comme les menaces de rendre « l’enfer » à l’autre camp. « Ouvrez le P… de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer – VOUS ALLEZ VOIR! », a écrit dimanche Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, fixant un ultimatum à « mardi 20H00 » à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz.
Imprévisible dans ses annonces, le président américain a prévu une conférence de presse à la Maison Blanche lundi à 13H00, heure de Washington (17H00 GMT). Il devait y revenir sur l’opération de sauvetage en Iran d’un aviateur américain, « gravement blessé » selon lui, tout en évoquant auprès de médias américains de « bonnes chances » d’un accord avec Téhéran pour mettre fin aux combats.
Estimant avoir atteint les cibles militaires visées, le président américain menace de cibler désormais les infrastructures civiles de l’Iran, en particulier les ponts et centrales électriques, si l’Iran ne rouvre pas entièrement le détroit d’Ormuz, une voie cruciale pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. « Toute notre région va brûler parce que vous insistez pour suivre les ordres de (Benjamin) Netanyahu », le Premier ministre israélien, a rétorqué le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Cette rhétorique guerrière nourrit les craintes des investisseurs sur le marché pétrolier, après une pause de trois jours pour les fêtes de Pâques. Les prix du baril de Brent et WTI, les deux principales variétés de pétrole, évoluaient lundi autour de 110 dollars le baril. Ces inquiétudes ont été à peine atténuées par la décision de la Russie, de l’Arabie saoudite et de six autres membres de l’OPEP+ d’augmenter à nouveau leurs quotas de production à partir de mai.
Les tensions sur les prix de l’énergie ont des répercussions dans le monde, comme en Égypte, où un couvre-feu commercial a été imposé à 21 heures en semaine et 22 heures le week-end. « D’habitude, c’est à cette heure que le travail commence », a déclaré Ali Haggag, un vendeur devant sa boutique de vêtements devenue soudainement silencieuse. « On a l’impression de revivre la période du Covid », a-t-il commenté en évoquant le confinement sanitaire de 2020.
En parallèle des menaces et des attaques, des efforts diplomatiques se poursuivent : Oman, situé face à l’Iran de l’autre côté du détroit d’Ormuz, a discuté de sa réouverture avec Téhéran, tandis que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s’est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptiens qui jouent un rôle de médiation. Cependant, la perspective d’un accord entre Américains et Iraniens, « du moins dans les conditions actuelles, est quasi inexistante », a estimé sur X Danny Citrinowicz, analyste en sécurité et ancien expert des services de renseignement israéliens.
Dans les pays du Golfe, frappés quotidiennement par l’Iran, le Koweït a déclaré lundi avoir été ciblé par des attaques de missiles et de drones, tandis que les Émirats arabes unis ont signalé un blessé dans la chute de débris de drones interceptés par la défense anti-aérienne. Au Liban, autre front lourdement touché par la guerre, le Hezbollah pro-iranien a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes depuis l’autre côté de la frontière avec Israël. Dimanche, Israël a poursuivi le pilonnage de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, avec une frappe à proximité d’un hôpital faisant au moins cinq morts et une autre tuant trois personnes à l’est de la capitale libanaise.

