Le gouvernement bruxellois investit 150 millions d’euros au Heysel.
Bruxelles a perdu plusieurs gros événements, dont le plus grand salon au monde des produits de la mer, qui a déménagé vers l’Espagne, alors que ce salon était l’un des plus gros événements de l’année dans la région capitale jusqu’au début des années 2020. Le gouvernement régional a inscrit la somme de 150 millions d’euros dans le budget pour rénover trois palais d’exposition sur le site du Heysel et ainsi créer un centre pouvant accueillir jusqu’à 20.000 visiteurs à la fois.
Bruxelles est une ville où le tourisme d’affaires représente un enjeu crucial, selon les acteurs du secteur hôtelier. Salons, congrès et foires internationales y sont fréquents. Toutefois, la ville a perdu plusieurs grands événements, dont le plus important salon mondial des produits de la mer, qui s’est déplacé en Espagne. Ce salon était un rendez-vous majeur jusqu’au début des années 2020 dans la Région de Bruxelles-Capitale. Face à cette situation, le nouveau gouvernement régional souhaite agir.
Dans sa Déclaration de Politique Régionale du 13 février 2026, le gouvernement a désigné expressément Brussels Expo comme un projet prioritaire. Le ministre Dirk Desmedt (Anders) a partagé cette information dans une note destinée à ses collègues pour avancer ce nouveau projet.
Pour atteindre cet objectif, la région prévoit de rénover trois palais d’exposition sur le site du Heysel : le palais 5, au design Art déco emblématique datant de l’exposition universelle de 1935, le palais 2 et le palais 10. Ces trois bâtiments forment un triangle, et l’espace central, situé en sous-sol, sera également réaménagé pour devenir partie intégrante de ce nouvel espace d’expositions. L’intention est de créer à terme un centre capable d’accueillir jusqu’à 20 000 visiteurs simultanément.
La région va investir 150 millions d’euros, mais ces fonds ne seront pas utilisés pour gérer directement l’espace. Au lieu de cela, ils serviront à acquérir des actions d’une nouvelle société privée, Newco, qui sera chargée de la rénovation et de l’exploitation des palais, en accord avec la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux. Il convient de souligner que cette somme ne sera pas suffisante, l’investissement global étant estimé à 400 millions d’euros hors TVA, incluant l’apport régional de 150 millions d’euros. En résumé, 250 millions d’euros supplémentaires devront être trouvés, probablement auprès d’investisseurs privés. La Région précise qu’elle investit en prenant des actions, mais qu’elle n’assumera pas de dettes éventuelles en cas de problèmes.
L’enjeu est considérable pour l’économie bruxelloise. Une étude commandée au consultant JWC sur l’impact de l’exploitation des palais rénovés et d’un nouveau grand centre de congrès stipule que, si le projet est mené à bien, il pourrait générer environ 2 milliards d’euros de dépenses directes à Bruxelles sur cinq ans, engendrant près de 35 000 emplois à Bruxelles et environ 10 millions de nuitées hôtelières durant cette période. Les retombées fiscales cumulées sont estimées à 982 millions d’euros au niveau belge sur cinq ans, dont une part significative reviendra à la Région de Bruxelles-Capitale.
Ces chiffres dépendent cependant de la volonté de la Ville de Bruxelles de rénover, à ses frais, les autres palais du Heysel qui lui appartiennent. À ce jour, aucune confirmation n’a été donnée par l’hôtel de Ville de la Grand-Place, surtout après l’abandon du projet Neo 2, qui proposait la construction d’un nouveau centre de congrès au Heysel, conçu par l’architecte français Jean Nouvel.
La Région souhaite une mise en œuvre rapide et espère que les travaux puissent commencer dès que possible. La somme de 150 millions d’euros a été intégrée dans le budget présenté par le gouvernement récemment.

