Attentats de Bruxelles : Hervé Bayingana Muhirwa, libre après 10 ans de condamnation
Hervé Bayingana Muhirwa a été condamné à dix ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste et acquitté pour les assassinats et tentatives d’assassinats dans un contexte terroriste. Il a été arrêté le 7 avril 2016 aux côtés d’Osama Krayem.
Lors du procès d’assises portant sur les attentats de Bruxelles, Hervé Bayingana Muhirwa a répondu aux questions et a reconnu avoir « une part de responsabilité dans les attentats ». Selon le jury populaire, il a fourni une « aide indispensable » à la cellule terroriste qui préparait les attaques. Il a donc été condamné à dix ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste, tout en étant acquitté des assassinats et tentatives d’assassinats dans un contexte terroriste. Il est désormais libre, ayant purgé l’intégralité de sa peine et n’étant soumis à aucune condition.
Âgé de 40 ans, ce Belgo-rwandais souhaite rester discret et se réinsérer dans la société. Son avocat, Vincent Lurquin, a précisé : « Il a eu tort d’héberger ces deux personnes, il en est conscient et il essaie maintenant de réparer les choses par des contacts avec les victimes ». Ce travail est effectué en collaboration avec l’association Médiante, spécialisée dans la justice restauratrice. « C’est une manière pour lui d’assumer ses responsabilités », a ajouté Me Vincent Lurquin, soulignant aussi que son client ne s’était opposé à aucune demande lors de l’audience sur les intérêts civils, ce qui signifie qu’il remboursera les victimes dès qu’il aura un salaire.
Lors de sa dernière intervention avant la clôture des débats au procès des attentats, Hervé Bayingana Muhirwa avait affirmé : « Être de près ou de loin lié au 22 mars 2016, ça marque toute une vie. Ce ne sera jamais derrière moi ». Il avait également déclaré : « Tout ce que je souhaite, c’est œuvrer à des actions réparatrices même si on ne réparera pas ce qui s’est passé ce jour-là. Je vais essayer, à mon niveau, de faire quelque chose de meilleur ».
Qui est-il ? Qui sont ses amis ?
Lors de son interrogatoire, la présidente de la cour d’assises, Laurence Massart, lui avait posé cette question : « Pourquoi êtes-vous dans ce box alors que vous avez un diplôme de comptabilité et que vous aviez un emploi à la Croix Rouge ? ». Il avait alors répondu : « Ce sont des circonstances, des rencontres ».
Une amitié joue un rôle déterminant dans le parcours de ce Belgo-rwandais. En 2006, il rencontre Bilal El Makhoukhi, un autre membre de la cellule terroriste, condamné à perpétuité pour les attentats de Bruxelles.
Peu de temps après la fusillade de la rue du Dries qui provoque la panique au sein de la cellule terroriste, Bilal El Makhoukhi demande à son ami Hervé d’héberger Mohamed Abrini et Osama Krayem, pressentis pour faire exploser leur bombe à l’aéroport et dans le métro. À ce moment-là, Hervé Bayingana Muhirwa ne sait pas qui sont ces hommes ni quels sont leurs projets.
Mohamed Abrini, plus connu sous le surnom de « l’homme au chapeau », renonce à la dernière minute. Osama Krayem fait de même en arrivant devant la station de métro. Aucun des deux n’a prévu de plan B. Ils se rendent alors au domicile d’Hervé Bayingana Muhirwa, rue du Tivoli à Laeken, une adresse connue qui ne fait pas partie des planques de la cellule terroriste, comme l’indique la cour d’assises dans son arrêt : « l’appartement d’Hervé Bayingana Muhirwa ne constituait pas une planque sûre et celui-ci n’était pas un frère dans la logistique du groupe ».
Hervé Bayingana Muhirwa reconnaît toutefois qu’à ce moment-là, il établit un lien entre les attentats et les deux individus qui frappent à sa porte. Il ne les accueille pas chaleureusement, mais accepte d’aller leur acheter des vêtements. Il sera finalement arrêté le 7 avril 2016, aux côtés d’Osama Krayem.

