Joao Martins Pereira : Vision commune et avenir partagé pour les jeunes
Le 2ème Congrès international du Réseau Mena-Latina s’est tenu à Tanger et a pris fin hier, avec la participation de représentants d’organisations internationales et de personnalités politiques. Joao Martins Pereira, président des jeunes socialistes européens, a souligné l’importance d’être présent dans ce type de rencontre pour favoriser les échanges entre les composantes d’Amérique latine et de la région MENA.
À l’occasion du deuxième Congrès international du Réseau Mena-Latina, qui s’est clôturé hier à Tanger, « Libé » a rencontré Joao Martins Pereira, président des jeunes socialistes européens. Ce congrès, organisé par l’USFP en collaboration avec le Réseau Mena-Latina, a vu la participation de représentants d’organisations internationales et de personnalités politiques du monde entier.
Libé : Vous avez assisté au deuxième congrès du Réseau MENA-Latina à Tanger. Qu’est-ce qui vous a motivé à participer à cet événement ?
Joao Martins Pereira : En tant que président des Jeunes socialistes européens, il est capital pour nous d’être présents dans ce type de rencontres et de réseaux qui permettent de mettre en contact plusieurs luttes à travers le monde. Ainsi, en tant que Jeunes socialistes européens, nous souhaitons soutenir ce mouvement, partager notre perspective et surtout nous inspirer des échanges et des discussions entre les acteurs d’Amérique latine et de la région MENA.
Nous avons déjà tissé de nombreux liens entre l’Europe et ces régions, et il est crucial pour nous de renforcer ces relations et ces contacts.
Ce congrès a rassemblé des organisations d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique latine. À votre avis, que peut apporter cette convergence politique à l’échelle internationale ?
Pour nous, c’est une chose majeure. Nous sommes socialistes et sociaux-démocrates, et l’internationalisme fait partie de notre essence. Il est donc essentiel de développer ce type de relations, de réseaux et de moments de rencontre.
Ces espaces permettent de collaborer pour trouver des solutions communes aux problèmes internationaux. Ils offrent également à la famille socialiste mondiale la possibilité d’élaborer des réponses partagées face aux grands défis de notre époque, notamment face à une extrême droite qui s’internationalise et dispose de moyens considérables.
Il est donc vital pour nous de renforcer ces connexions afin de pouvoir, en fin de compte, améliorer concrètement la vie des populations et apporter des réponses rapides et efficaces aux défis auxquels elles font face partout dans le monde.
Les conflits armés et les voies de la paix ont été au cœur des discussions de ce congrès. Quel rôle les forces progressistes peuvent-elles jouer dans un monde marqué par les tensions géopolitiques ?
Notre force réside dans notre dimension internationaliste. Nous ne sommes pas dans une logique d’opposition entre « eux » et « nous ».
Lorsqu’il y a des conflits, nous savons qu’il existe des relais démocratiques et progressistes sur les terrains concernés. C’est une force que d’autres mouvements politiques n’ont peut-être pas à l’échelle mondiale. Cette capacité de dialogue et de coopération est un atout majeur de notre famille politique.
Notre rôle consiste à favoriser les rencontres entre ces forces progressistes au niveau national pour prévenir les conflits, mais aussi pour répondre à ceux qui existent déjà. Nous devons incarner une alternative face à ceux qui promeuvent la guerre, les tensions et les logiques nationalistes.
La question des migrations était également au centre des débats. Quelles solutions solidaires et réalistes peuvent émerger de cette discussion entre les différentes régions ?
La perspective européenne est particulièrement importante dans ce débat, car la question migratoire occupe aujourd’hui une place centrale dans le discours public en Europe.
Cependant, il est crucial de ne pas oublier que cette problématique concerne d’abord les pays d’origine, notamment en Afrique et en Amérique latine. Ce sont des personnes qui quittent leur terre et leurs racines dans l’espoir de trouver une vie meilleure ailleurs.
Je pense que la véritable réponse consiste à créer les conditions permettant à chacun de vivre dignement dans son pays, en sécurité et avec des perspectives d’avenir. Cela nécessite une réelle solidarité internationale.
Malheureusement, aujourd’hui, les financements destinés à cette solidarité sont menacés, tant du côté des pays du Nord que des institutions internationales. Il est donc nécessaire de réactiver ces mécanismes de financement, dans la transparence, afin de montrer leur utilité, de soutenir le développement et d’éviter que des personnes ne soient contraintes de quitter leur pays, parfois au risque de se retrouver dans des réseaux de trafic ou de vivre des situations dramatiques.
Notre rôle est de créer de meilleures conditions de vie dans les pays partenaires d’Afrique et d’Amérique latine, dans l’intérêt de l’Europe. Cela permet d’établir des relations économiques, culturelles et humaines équilibrées, tout en évitant la fuite des cerveaux et le départ massif de la jeunesse.
La jeunesse et les mutations du monde sont un autre axe de réflexion. Comment les mouvements progressistes peuvent-ils mieux mobiliser les jeunes aujourd’hui ? Avez-vous engagé des réflexions en ce sens ?
Oui, bien sûr. Les Jeunes socialistes européens sont une organisation « parapluie » qui regroupe des organisations nationales de jeunesse. Notre rôle est de faciliter les rencontres, les échanges et les débats afin de construire une dynamique commune.
L’objectif est que les combats internationalistes soient menés simultanément en Europe, en Afrique, en Amérique latine et ailleurs, avec un discours et une ambition partagés.
Il est essentiel d’apporter des solutions aux problèmes hérités des générations précédentes, mais la jeunesse doit également construire son propre avenir, avec les jeunes du monde entier. Elle possède cette force particulière de regarder vers l’avenir.
Propos recueillis par Alain Bouithy.

