Incendie à Crans-Montana : Plainte pénale concernant les appels d’urgence nocturnes
Les services de secours du canton suisse du Valais ont saisi la justice pour dénoncer la diffusion non autorisée de l’ensemble des appels d’urgence passés lors de la nuit du drame à Crans-Montana. L’enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les différentes responsabilités, la commune ayant reconnu l’absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019 alors qu’ils doivent être effectués tous les ans.
C’est une affaire liée au tragique incendie survenu à Crans-Montana durant la nuit du Nouvel An. Les services de secours du canton suisse du Valais ont porté plainte auprès de la justice pour dénoncer la diffusion non autorisée de tous les appels d’urgence passés durant la nuit du drame.
Selon le journal dominical suisse *SonntagsZeitung*, qui a révélé l’affaire dimanche, la plainte pénale concerne des violations du secret professionnel, du secret de fonction et de la loi sur la protection des données. L’Organisation Cantonale Valaisanne des Secours (OCVS) a « confirmé avoir déposé une plainte pénale contre X », a-t-elle indiqué par la suite.
**Des appels publiés par des médias, y compris en France**
« La procédure étant désormais entre les mains du Ministère public du canton du Valais (le parquet), l’OCVS ne fera aucun commentaire supplémentaire sur la procédure en cours », a-t-elle précisé, ajoutant qu’elle « collabore pleinement avec la justice pour faire toute la lumière sur ces transmissions non autorisées de documents internes ».
Selon *SonntagsZeitung*, l’organisation souligne que les fichiers audio des appels effectués la nuit du drame, qui n’étaient pas liés à Crans-Montana, n’ont pas été isolés des autres avant leur transmission aux avocats. Ces appels d’urgence ont ensuite été publiés par plusieurs médias, y compris en France.
**Les auditions vont reprendre**
Ce nouvel épisode dans l’affaire de Crans-Montana survient alors que les auditions doivent reprendre cette semaine devant le parquet. L’audition prévue le 7 avril de Jacques Moretti, copropriétaire du bar incendié, a toutefois été reportée par le ministère public après que ses avocats ont déposé des certificats médicaux.
Jacques Moretti, un Français associé avec son épouse Jessica du bar le Constellation, est le principal suspect dans l’enquête sur l’incendie de l’établissement qui a fait 41 morts et 115 blessés. Les deux gérants ont déjà été entendus à deux reprises depuis l’ouverture de l’enquête pénale les visant, et Jacques Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d’une caution de 200.000 francs suisses. Il a ensuite été soumis, tout comme son épouse, à des « mesures de contrainte ».
L’enquête vise à clarifier les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les diverses responsabilités, la commune ayant reconnu l’absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019, alors qu’ils doivent être réalisés chaque année. En plus du couple Moretti, sept autres personnes font l’objet d’une enquête pénale par le ministère public.

