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« Spectaculaire » : les astronautes d’Artémis découvrent la face cachée de la Lune

La mission Artémis 2 a atteint « les deux tiers » du trajet jusqu’à la Lune, a indiqué la Nasa sur le réseau X. L’équipage ne se posera pas sur la Lune mais en fera le tour, avec un retour prévu le 10 avril.


La mission Artémis 2 a atteint « les deux tiers » de son parcours vers la Lune, a annoncé la Nasa sur le réseau X. « Nous avons pu voir pour la première fois la face cachée de la Lune et c’était tout simplement spectaculaire », a déclaré l’Américaine Christina Koch lors d’une interview télévisée depuis leur vaisseau Orion.

L’astre leur est alors apparu « différent », a détaillé celle qui devient la femme ayant voyagé le plus loin dans l’espace grâce à ce vol. « Ce n’était pas la Lune à laquelle nous sommes habitués. Alors nous avons sorti nos données de repérage lunaire, nous avons fait correspondre les images et nous nous sommes dit : ‘voilà la face cachée. C’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant' ».

Les quatre astronautes, trois Américains et un Canadien, ont ainsi observé directement l’hémisphère de la Lune qui est toujours orienté du côté opposé à la Terre, une réalisation qui n’avait été accomplie que par leurs prédécesseurs du programme Apollo il y a plus de cinquante ans.

Lors de cette occasion, ils ont pu immortaliser « des reliefs lunaires que l’œil humain n’avait jamais vus jusqu’à hier », a ensuite souligné John Honeycutt, haut responsable de la Nasa, lors d’une conférence de presse. « Seules des images prises par des robots avaient montré cette région de la Lune ».

Après un décollage réussi de Floride mercredi, l’équipage a mis le cap sur la Lune, située à environ 400 000 km de la Terre, soit 1 000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS), et doit survoler l’astre lundi, une première en plus d’un demi-siècle.

« C’est exaltant », a déclaré l’astronaute canadien Jeremy Hansen. « Ce matin, on voyait la Terre à moitié, on l’a ensuite vue en entier puis elle a disparu », tandis que « la Lune grandit ». « C’est notre destination ». L’équipage ne se posera pas sur la Lune mais l’observera en passant derrière sa face cachée avant de repartir vers la Terre, avec un retour prévu le 10 avril.

Au cours de ce survol de plusieurs heures qui constituera le point culminant de leur mission, le quatuor d’aventuriers devrait observer d’autres portions de la Lune jamais vues directement par l’Homme et réaliser d’importantes observations à l’œil nu. Tous ont été formés pendant plus de deux ans pour étudier et décrire les formations géologiques, et leurs notes et photographies devraient permettre d’en apprendre davantage sur la géologie et l’histoire de notre satellite naturel.

Leur survol sera diffusé en direct à l’exception de 40 minutes durant lesquelles les communications seront interrompues car le vaisseau sera derrière la Lune et ne pourra plus communiquer avec la Terre.

Par le biais de diffusions sur YouTube, de photos prises avec un iPhone et d’interviews télévisées depuis l’espace, la Nasa cherche à impliquer le public dans cette nouvelle odyssée lunaire. Le monde a pu suivre de près les problèmes de messagerie et de toilettes rencontrés par les astronautes, ainsi que leurs séances de sport, leurs réveils en musique et leurs repas partagés.

Un exploit technologique impressionnant qui émerveille même les astronautes, a déclaré le commandant Reid Wiseman, qui a pu parler samedi à ses filles qu’il élève seul depuis le décès de sa femme en 2020 : « On est là-haut, on est si loin et pourtant, l’espace d’un instant, j’ai retrouvé ma petite famille, et ça a été le plus beau moment de toute ma vie », a-t-il confié avec émotion.

Lors de ce vol test, l’équipage a pour mission de s’assurer que tout est en ordre pour permettre un retour des Américains sur la surface lunaire dans les années à venir, afin d’y établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars. La Nasa vise un alunissage en 2028, c’est-à-dire avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs concurrents chinois pour marcher sur la Lune. Cependant, les experts anticipent de nouveaux retards, les alunisseurs développés par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos n’étant toujours pas prêts.