Les symboles et traditions de Pâques : œufs, poules, cloches, lapins.
Pâques a lieu le dimanche qui suit la pleine lune de l’équinoxe de printemps du 21 mars. Les œufs, symboles de vie et de renouveau, commencent à être associés aux fêtes pascales entre les 12e et 13e siècles.
Pour répondre à ces questions, il est essentiel de se pencher sur les célébrations de cette période.
Dans le christianisme, Pâques, issu de l’hébreu « pesah » signifiant « passage », se déroule le dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe de printemps du 21 mars, marquant ainsi la fin de la Semaine sainte. Cette semaine revêt une grande importance religieuse, car elle se termine par la mort de Jésus et sa mise au tombeau. Sa résurrection est commémorée ce dimanche, connu sous le nom de dimanche de Pâques.
Pour tous les chrétiens, cette journée représente le renouveau, la victoire de Jésus sur la mort et le péché.
Mais quel rapport existe-t-il entre les œufs, les cloches, la poule et les autres symboles associés ?
### Les œufs, symboles de vie et de renouveau
Les traditions et décorations que nous connaissons aujourd’hui relèvent d’une culture folklorique. Toutefois, le choix des œufs n’est pas anodin. Ils incarnent la vie et le renouveau, s’alignant ainsi avec l’allégorie de la Résurrection de Jésus.
On commence à lier les œufs aux fêtes pascales entre les 12e et 13e siècles. La raison ? Leur consommation était interdite durant le Carême, une période de 40 jours de purification, de prière et de préparation à la Résurrection du Fils de Dieu. À la fin du Carême, avec l’abondance d’œufs pondus par les poules, les familles prenaient l’habitude de les décorer pour les offrir à leurs proches, rappelant des pratiques antiques.
Mais ce ne sont pas seulement les populations qui perpétuent cette tradition. Le Roi Soleil avait lui-même demandé qu’on lui fasse rapport des plus gros œufs du royaume. En échange, il faisait bénir des œufs décorés de feuilles d’or le jour de Pâques, qu’il distribuait à son personnel et à ses courtisans. Cette initiative inspirera plus tard le joaillier Pierre-Karl Fabergé (1840-1929), qui confectionnera les célèbres œufs de Fabergé, dont les plus renommés furent créés pour Alexandre III et Nicolas II de Russie, destinés à être offerts à leurs épouses pour la fête de Pâques.
Il faudra attendre le 18e siècle pour que ces œufs soient transformés en œufs en chocolat, dont la popularité grandit en Europe. À l’origine, les coquilles étaient évidées puis remplies de chocolat fondu. Au 19e siècle, la technique évolue, et les chocolateries commencent à produire les œufs en chocolat que nous connaissons aujourd’hui grâce aux moules. Cette nouveauté permet l’émergence de nouvelles traditions, comme les cloches, la poule et le lapin en chocolat, ainsi que l’agneau de Pâques, marquant le début de l’aspect commercial des célébrations pascales.
### Le périple des cloches de Pâques
Depuis le VIIe siècle, il est interdit de sonner les cloches entre le Jeudi Saint et le dimanche de Pâques en signe de deuil. Pour expliquer ce silence aux enfants, il est dit que les cloches partent à Rome le jeudi pour être bénies par le pape, et reviennent pour sonner dans la nuit du samedi au dimanche, annonçant la Résurrection.
En survolant les jardins, les cloches lâchent les friandises et œufs qu’elles transportent. La fameuse « chasse aux œufs » peut alors commencer dès que les cloches sonnent.
### La petite poule
La poule incarne la maternité et la protection. En étant celle qui pond les œufs, elle est logiquement associée aux festivités pascales.
### Le lapin de Pâques, symbole de fertilité
Tout comme les œufs et la poule, les lapins (ou lièvres) symbolisent la fertilité et le renouveau, étant parmi les premiers à sortir de leur terrier au printemps.
La place du lapin de Pâques diffère néanmoins selon les régions et les croyances. Dans le protestantisme, des légendes populaires affirment que ce ne sont pas les cloches, mais les lapins qui apportent les œufs en chocolat aux enfants. Selon une légende allemande, une mère trop pauvre pour offrir des chocolats de Pâques à ses enfants a caché des œufs décorés dans le jardin. En les cherchant, les enfants apercevraient un lapin, persuadés qu’il les avait pondus.
D’autres enfants fabriquent également un nid à placer la veille de Pâques pour inciter le lapin à apporter les œufs chez eux.
### L’agneau de Pâques
Le fait de manger de l’agneau à Pâques remonte à longtemps. L’agneau est un symbole de pureté et de renouveau. Dans l’Ancien Testament, il symbolise le sacrifice, la protection et la libération. Dieu demande à Moïse de sacrifier des agneaux pour marquer les portes des maisons hébraïques avec leur sang, les protégeant de la mort qui frappe les nouveau-nés égyptiens, permettant ainsi leur exode vers l’actuel Israël. Cet événement est célébré lors de la Pâque juive.
Dans le Nouveau Testament, Jésus est décrit comme « l’agneau de Dieu ».
Pragmatiquement, les élevages suivaient un cycle naturel qui faisait que l’agneau était particulièrement présent au printemps.
### L’arbre de Pâques… Le sapin de Noël printanier
Une fois n’est pas coutume, l’arbre de Pâques tire son origine de l’image de fertilité, de vie et de renaissance qu’il véhicule. L’arbre est aussi souvent lié aux rassemblements communautaires.
Selon les écrits anciens, les « Osterbaum » ou « arbres de Pâques » étaient déjà décorés en Allemagne au 16e siècle. Cependant, eux ne s’ornaient pas de boules comme les sapins de Noël, mais d’œufs peints de toutes les couleurs et de rubans, célébrant la venue du printemps et la résurrection de Jésus.
Plus il y avait de décorations, plus le souhait de prospérité et d’abondance était fort.
Une autre légende raconte que le lapin qui cache d’ordinaire les œufs dans les jardins allemands se serait aussi amusé à les dissimuler dans les arbres.

