Tunisie

Barrages : niveaux en hausse, optimisme pour l’été en Tunisie

La Tunisie a enregistré un taux de remplissage des barrages du Nord atteignant environ 68 %. En revanche, des défis structurels persistent encore, entravant une exploitation optimale des ressources en eau, avec un endettement envers la Société tunisienne d’électricité et du gaz (STEG) de près de 500 000 dinars.

La situation hydraulique en Tunisie a connu une amélioration significative, avec un taux de remplissage des barrages du Nord atteignant environ 68 %. Cela représente un signe positif en vue d’une résolution de la crise de l’eau, surtout avec l’arrivée de la saison estivale.

À cet égard, près de 147 millions de mètres cubes d’eau ont été destinés aux périmètres publics irrigués (PPI), ce qui permettra de soutenir l’activité agricole et de répondre aux besoins en irrigation, comme l’a déclaré Kamel El Meddeb, responsable à la Direction générale du génie rural et de l’exploitation des Eaux, au ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, lors d’une visite vendredi dans le gouvernorat de Siliana.

Cette amélioration devrait renforcer la production agricole, notamment pour les grandes cultures, les légumes et les agrumes, en allégeant la pression sur les importations et en stabilisant les prix sur le marché local.

Il est également prévu que la majorité des zones irriguées reprennent leur activité dans un avenir proche, notamment celles se reliant aux grands barrages, comme le système du barrage de Sidi Salem, qui couvre d’importantes superficies de terres agricoles d’environ 1 000 hectares.

De même, les régions de Medjez el-Bab, Testour, Goubellat, El Hari, la Manouba et Sidi Thabet, ainsi que les zones irriguées consacrées à la culture des agrumes dans le gouvernorat de Nabeul, devraient bénéficier de ces apports en eau.

Cependant, des défis structurels demeurent, entravant l’exploitation optimale des ressources en eau, tel que les difficultés rencontrées par les groupements hydrauliques, dont le nombre atteint 2 732.

Les principaux problèmes concernent la mauvaise gestion et l’accumulation des dettes, avec un endettement envers la Société tunisienne d’électricité et du gaz (STEG) de près de 500 000 dinars.

À cet égard, le ministère de l’Agriculture a élaboré un programme de relance pour ces groupements hydrauliques, basé principalement sur un rééchelonnement des dettes sur une période de 7 ans, afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau.

Concernant l’infrastructure, une enveloppe de 20 millions de dinars a été allouée pour la maintenance et le réaménagement des réseaux endommagés, avec un taux d’avancement des travaux se situant entre 50 et 90 %.

Ces investissements sont économiquement importants, car ils permettent de réduire les pertes d’eau et d’améliorer son efficacité, entravant ainsi le coût de la production agricole.

Lors de sa rencontre mardi dernier avec le ministre de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Ezzedine Ben Cheikh, le président de la République, Kais Saied, a souligné l’importance de préserver les ressources en eau. Il a appelé à entretenir les barrages et à créer des lacs collinaires. Le Chef de l’État a également ordonné d’informer les citoyens, en cas de nécessité de coupures d’eau pour une durée déterminée, selon un communiqué de la présidence de la République.

Vers une meilleure gouvernance des ressources hydrauliques en Tunisie

Les ressources en eau sont stratégiques, constituant un pilier essentiel pour le développement économique et social, notamment face à l’intensification des effets du changement climatique et à l’augmentation des périodes de sécheresse, ce qui représente un défi structurel pour l’économie nationale.

Malgré les progrès de la saison actuelle, les pressions sur les ressources hydrauliques persistent, obligeant l’adoption de politiques hydriques efficaces basées sur l’équilibre entre l’offre et la demande, et assurant la sécurité hydrique pour les générations futures.

Dans ce cadre, les investissements dans le secteur de l’eau représentent environ 63 % du total des investissements publics alloués au secteur agricole.

L’État s’efforce également de diversifier les sources d’eau en mobilisant des ressources non conventionnelles, notamment à travers des projets de traitement des eaux usées et leur réutilisation dans l’agriculture, en plus d’accélérer la réalisation de grands projets hydrauliques et de résoudre les difficultés, conformément au programme gouvernemental pour 2026.

Au niveau législatif, la Tunisie envisage de réviser le Code de l’eau pour s’adapter aux changements climatiques et à la demande croissante, en mettant l’accent sur l’amélioration de la gouvernance des ressources en eau et le soutien aux principes de gestion durable et intégrée.

Dans le cadre du soutien au développement régional, des projets hydrauliques d’une valeur de 17,9 millions de dinars devraient être mis en œuvre en 2026, en réponse aux propositions des conseils locaux dans le plan de développement 2026-2030, renforçant l’équité dans la distribution des ressources et soutenant les dynamiques d’investissement local.

Investissements dans les barrages et grands projets pour renforcer la sécurité hydrique

En 2025, les efforts se concentreront sur la réalisation de nombreux ouvrages hydrauliques pour soutenir le transfert des eaux et augmenter la capacité de stockage des barrages. L’objectif est de les protéger des sédiments qui compromettent leur durabilité, tout en adoptant des techniques appropriées à leur environnement naturel.

Dans ce même contexte, il est prévu que l’exécution des projets de barrages et de grands travaux hydrauliques continue en 2026 pour un coût total d’environ 1812,2 millions de dinars.

Ces projets se concentrent principalement sur la construction et le raccordement des barrages ainsi que sur le transfert de l’excédent d’eau vers les zones d’exploitation, avec un objectif d’augmenter le taux de mobilisation des ressources hydrauliques de surface à 98 %, contre 95 % actuellement, grâce à la mise en service officielle du barrage de Mellegue Supérieur.

Parallèlement, des travaux continueront pour la réalisation des barrages de Raghai et de Tassa, ainsi que pour le projet d’augmentation de la capacité de stockage du barrage de Bouherthma, ainsi que des projets de réservoirs à Saïda et à Kalâa Kebira.

Dans le cadre de l’amélioration de la gestion des ressources hydriques, l’État poursuivra la mise en œuvre d’un programme de transfert de l’excédent de ressources en eau du nord vers le centre, avec une enveloppe de 2,487 millions de dinars, ainsi qu’un projet de protection contre les inondations dans la zone basse 2 (D2) de l’oued Medjrada, avec un coût estimé à 284 millions de dinars, garantissant ainsi la durabilité des ressources hydriques et protégeant les zones irriguées ainsi que les citoyens des dangers des catastrophes naturelles.