Un siècle de mobilier pour enfant exposé à l’Atomium
L’exposition « Une histoire du design pour enfant » est présentée au Design Museum Brussels jusqu’au 20 septembre. Elle met en avant la collaboration entre le Design Museum Brussels et le Centre Pompidou à Paris, qui possède une importante collection d’art moderne et contemporain.
L’exposition intitulée « Une histoire du design pour enfant » nous plonge dans l’univers de l’enfance au travers de tables, chaises, bureaux et lits, dont certains modèles sont très rares. Le Design Museum Brussels a collaboré avec le Centre Pompidou à Paris, qui détient l’une des plus belles collections d’art moderne et contemporain en Europe, pour réaliser cette exposition.
L’association des deux collections fait échos à une réflexion formulée en 1900 par la philosophe suédoise Ellen Key : « le 20ème siècle sera celui de l’enfant ». Ce changement de perception accorde à l’enfant un nouveau statut, coïncidant avec l’émergence de nouvelles théories sur l’apprentissage et l’éducation.
Des pédagogues tels qu’Ovide Decroly en Belgique, Maria Montessori en Italie ou Célestin Freinet en France ont contribué à façonner l’identité de l’enfant. Cette évolution n’a pas échappé aux designers, qui se sont rapidement attelés à créer un mobilier adapté à cet enfant et à son environnement.
Marie-Ange Brayer, co-commissaire et responsable des collections design au Centre Pompidou, souligne : « La chambre, ce n’est plus uniquement pour dormir, c’est désormais le territoire de l’enfant. » Ainsi, l’enfant est progressivement reconnu comme un sujet et se présente comme un véritable moteur d’innovations techniques et pédagogiques. Dès le 20ème siècle, dans les classes sociales plus aisées, un espace privé est attribué à l’enfant, à savoir sa chambre.
Elle précise : « Ce qui caractérise le mobilier pour enfant, c’est la dimension de jeu et la dimension multifonctionnelle. Par exemple, une chaise peut servir de table, un lit peut devenir un habitacle, un chariot à bascule peut devenir une petite voiture… ce mobilier est extrêmement créatif, et permet de grandes libertés aux designers. »
À partir des années 30, des entreprises comme Thonet à Vienne ou Baumann en France participent à la démocratisation du design, produisant en série des créations destinées aux enfants. L’après-guerre met un accent particulier sur l’enfant et son apprentissage. En Belgique, le designer Lucien Engels conçoit une maison de vacances, la maison Emile Vandervelde II, pour les enfants séjournant à Oostduinkerke, accompagnée d’un mobilier dédié.
En France, Jean Prouvé (1901-1984) dessine des infrastructures scolaires ainsi que le mobilier des écoliers, utilisant principalement le bois et le métal dans une logique d’économie.
La « Table Pomme » du designer français Patrick Arlet, créée en 1971, en est un exemple marquant, proposant un plan de travail et un tableau effaçable, dans des couleurs vives.
Dans les années 60, l’apparition du plastique va révolutionner le design, y compris celui pour enfants. Ce mobilier est coloré, flexible et empilable. Selon Brayer, « L’enfant peut enfin porter ses meubles. Le pop se diffuse partout. C’est l’apothéose du design pour enfants. » L’enfant devient alors une icône du progrès social auquel on croit fermement.
L’ »Abitacolo » de Bruno Munari est un autre exemple de ce mobilier innovant, un lit multifonctionnel dédié à l’enfant, conçu en 1971. « C’est comme un refuge pour les enfants. C’est une sorte de grille qui se monte très rapidement. On monte cet objet comme un jeu de construction et c’est à l’enfant à s’approprier l’habitacle comme il le désire, pour apprendre, jouer avec d’autres enfants, lire et se reposer. »
L’exposition « Une histoire du design pour enfants » est actuellement en cours au Design Museum Brussels et sera visible jusqu’au 20 septembre prochain.

