Guerre en Iran : Un ex-pilote témoigne de sa survie après un avion abattu
Un ancien pilote de l’armée de l’air américaine a partagé des conseils sur la survie après une éjection en territoire ennemi, notamment l’importance de vérifier d’éventuelles blessures et de se cacher. Lors d’opérations militaires, chaque branche de l’armée américaine maintient des troupes spécialisées prêtes à exfiltrer des pilotes, assurant ainsi une vigilance totale lorsque les hélicoptères sont en route.
Vérifier les éventuelles blessures, se cacher, trouver de l’eau… Un ancien pilote de l’armée de l’air américaine a partagé son expérience sur la survie après un parachutage en territoire ennemi, alors qu’un militaire américain est toujours recherché ce samedi après que son avion a été abattu au-dessus de l’Iran.
« Imaginez : vous venez d’atterrir sur le sol après avoir sauté en parachute, et vous vous dites « Mon Dieu, j’étais dans un chasseur il y a deux minutes, je volais à 800 km/h, et un missile vient d’exploser littéralement à 5 mètres de ma tête », » raconte Houston Cantwell. Avant de mener des missions de combat au-dessus de l’Irak et de l’Afghanistan, ce général de brigade à la retraite a été entraîné pour gérer une telle situation, probablement comme l’aviateur du F-15E qui s’est éjecté de son appareil au-dessus du sud-ouest de l’Iran.
« Éviter d’être capturé par l’ennemi », la priorité
D’abord, le pilote doit vérifier s’il a subi des blessures à cause des tirs, du siège éjectable ou lors de l’atterrissage. « Il existe de nombreux récits de survivants du Vietnam qui ont subi de graves blessures, des fractures ouvertes, simplement à cause de l’éjection, » explique-t-il. « Une fois que vous êtes capable de bouger », il est crucial de comprendre où l’on se trouve. Se repérer lors de la descente en parachute est très utile, souligne ce pilote à la retraite, notamment pour éviter une base militaire ennemie.
A partir de ce moment, « ce que vous cherchez à éviter, c’est d’être capturé par l’ennemi, le plus longtemps possible, » et donc se cacher jusqu’à un éventuel sauvetage. Lors d’une éjection d’urgence, un pilote dispose de peu d’effets personnels : « de l’eau, du matériel de survie, du matériel de communication, une radio » pour faciliter sa localisation, énumère l’ex-pilote, désormais expert au Mitchell Institute for Aerospace Studies. Il raconte également qu’en volant dans un F-16, il avait une arme à feu.
Bien se positionner pour l’exfiltration
S’il est nécessaire de se cacher de l’ennemi, avoir de l’eau est primordial, car « vous pouvez survivre sans nourriture pendant un certain temps, mais vous avez besoin d’eau tous les jours, » rappelle Houston Cantwell. Il faut aussi envisager de se placer dans un endroit accessible pour que les forces de secours puissent procéder à une exfiltration. En milieu urbain, aller sur un toit. Dans la nature, trouver une clairière pour permettre à un hélicoptère de se poser.
« Et si je bouge, j’essaierai de le faire de nuit » pour éviter d’être repéré, conseille l’ancien pilote. Lors d’opérations militaires telles que celle menée en Iran, il assure que chaque branche de l’armée américaine maintient des troupes spécialisées prêtes à exfiltrer des pilotes en territoire ennemi. En tant que pilote, cela « vous procure une immense tranquillité d’esprit, parce que vous savez qu’ils feront tout pour venir vous récupérer, » dit-il.
Notre dossier sur la guerre en Iran
Lorsque les hélicoptères sont en route, la vigilance doit être à son maximum : « Ceux qui ont des fusils cherchent des menaces, tandis que les pilotes cherchent un endroit où se poser, » explique Scott Fales, un ancien militaire américain ayant participé à l’opération « Black Hawk Down », au cours de laquelle deux hélicoptères américains ont été abattus et 18 soldats tués en 1993 en Somalie. Une fois l’aviateur retrouvé, l’équipage se pose toute une série de questions, détaille-t-il : « À quel genre de menace immédiate sommes-nous exposés ? De combien de temps disposons-nous pour évacuer cette personne ? Quelles blessures présente-t-elle ? »

