Prix des carburants : « Mon astuce, rouler en voiture de société »
Jeudi, il fallait lâcher en moyenne 2 euros pour acheter un litre de carburant. Louis, qui a un véhicule GPL, a indiqué que le litre est à 91 centimes et que ça n’a augmenté que de dix centimes.
Jeudi, quel que soit le type de carburant utilisé, il fallait débourser en moyenne 2 euros pour un litre de carburant. Avec la hausse continue du prix du baril de pétrole, il est difficile d’envisager une baisse des tarifs de l’essence à court terme. Bien que le gouvernement ait mis en place des mesures pour soutenir certains secteurs de l’économie, il n’existe pas de solutions immédiates pour les particuliers. Pourtant, il est impératif de continuer à se déplacer. À Lille, 20 Minutes a tenté de rassembler des astuces pour économiser sur le carburant ou, du moins, le payer moins cher, en rencontrant des automobilistes contraints de faire le plein.
En plafonnant ses prix et en communiquant largement sur cette initiative, Total a su attirer les automobilistes en difficulté. Ainsi, jeudi après-midi, il n’y avait pas la queue dans cette station-service Esso du centre-ville de Lille, malgré des tarifs qui n’étaient pas forcément plus élevés que ceux de la concurrence. C’est justement ici qu’Hugo, 28 ans, a effectué son premier plein de SUV depuis la flambée des prix. « Je ne suis pas un gros rouleur, mais d’habitude, j’essaye de faire le plein en Belgique parce que mes parents habitent près de la frontière », explique-t-il. Cependant, les prix chez nos voisins ne sont plus compétitifs, avec dix centimes de moins sur le SP95 E10, tandis que le diesel B7 est au même prix, voire plus cher. « Mais là, j’essaie de prendre le vélo ou la trottinette électrique, sauf quand il fait froid », ajoute-t-il.
Alors qu’Hugo termine de remplir son réservoir, Céline se gare à la pompe voisine. Elle utilise sa voiture chaque jour « pour aller bosser et parce que j’ai trois enfants et que j’habite à la campagne ». Elle bénéficie d’un atout : sa voiture fonctionne au GPL. « J’ai deux réservoirs, un pour l’essence et un pour le GPL, et depuis que les prix ont augmenté, je fais en sorte de ne jamais utiliser l’essence », confie la quadragénaire. Pour éviter de puiser dans son réservoir d’essence, Céline optimise ses trajets : « On essaie de faire plusieurs choses en même temps, on fait moins les courses et on remplit plus le frigo en une fois », précise-t-elle. De plus, pour choisir sa station-service, elle utilise une application qui l’informe sur les prix les plus bas.
Louis utilise également un véhicule GPL « depuis longtemps », ce qui lui permet de mieux gérer la situation actuelle. « Le litre est à 91 centimes et ça n’a augmenté que de dix centimes, donc ça va encore », précise-t-il. Ce jeudi, il ne faisait pas le plein de sa voiture personnelle, mais de son véhicule de service. C’est l’Etat qui va prendre en charge la facture, puisque Louis est policier et que le contrat, auparavant chez Total, est passé chez Esso. Un choix discuté au regard de la situation.
Une autre automobiliste touchée par la hausse est Mathilde, 25 ans. Elle qui se rendait souvent chez ses parents, situés à 500 km de Lille, a vu le prix de ses trajets familiaux exploser. Malheureusement, c’est en pleine crise pétrolière qu’elle et son conjoint effectuent des allers-retours pour déménager. En attendant, « je fais du covoiturage à Lille et on se limite à faire des courses importantes pour réduire les trajets ou on les fait près du travail et on porte », dit-elle.
Dans une belle C5 neuve, un septuagénaire insère sans hésitation le pistolet vert pour faire le plein de sans-plomb. « Je ne vais pas faire des kilomètres pour trouver une station Total alors je fais le plein près de chez moi, » reconnaît-il. Un autre automobiliste sur la pompe voisine, à l’aide d’un pistolet jaune, partage fièrement : « Mon astuce, c’est de ne rouler qu’avec ma voiture de société. »
À peine a-t-il terminé sa phrase qu’un bruit assourdissant retentit avec l’arrivée d’un éclair jaune dans la station. Au volant d’une Lamborghini Huracan Evo, un trentenaire attend son tour pour faire le plein. Sans se soucier du coût élevé qu’il s’apprête à débourser, il reconnaît toutefois : « Je sais bien que c’est dur pour beaucoup de gens en ce moment. Mais moi, ce n’est pas le prix de l’essence qui va m’empêcher de rouler. » « La Lambo, c’est juste pour le week-end, » explique-t-il, ajoutant que son véhicule quotidien est un Mercedes GLC diesel, un monstre « qui consomme encore plus que la Huracan », plaisante-t-il.

