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Guerre en Iran : Le Pentagone s’inquiète des missiles Tomahawk

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que l’armée américaine « dispose de stocks de munitions […] plus que suffisants pour atteindre les objectifs de l’opération Epic Fury ». Selon des sources proches du dossier, il faudra a minima « probablement au moins cinq ans pour remplacer le stock de missiles Tomahawk utilisés dans le conflit ».


La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé récemment que l’armée américaine « dispose de stocks de munitions […] plus que suffisants pour atteindre les objectifs de l’opération Epic Fury ». Toutefois, un responsable du Pentagone a déclaré au Washington Post que le nombre de missiles Tomahawk restants au Moyen-Orient était « alarmant ».

Après quatre semaines de conflit contre l’Iran, l’armée américaine avait déjà tiré plus de 850 missiles de croisière Tomahawk, une consommation jugée préoccupante par certains responsables, selon le Post.

### La montée en cadence de la production prendra plusieurs années

Ces missiles, capables d’être lancés depuis des navires de surface et des sous-marins, sont essentiels pour les opérations militaires américaines, avec une portée pouvant atteindre 1.600 km et une vitesse de 880 km/h. Bien que le nombre exact de missiles Tomahawk disponibles pour l’armée reste secret, le Foreign Policy Research Institute a mentionné un stock de 3.200 au début de l’opération Epic Fury. Plus de 25 % de ce stock aurait déjà été utilisé en un mois. La production annuelle de Tomahawk ne dépasserait guère la centaine d’unités, malgré qu’un accord récent entre le fabricant Raytheon et le département de la Défense vise à porter cette production à 1.000 missiles par an, une augmentation qui nécessitera plusieurs années.

Le transfert de certains missiles depuis la région indo-pacifique est également envisagé. Cependant, comme l’indique le site spécialisé The War Zone, le Tomahawk est l’une des munitions essentielles des États-Unis en cas de conflit avec la Chine. En effet, si la Chine prenait conscience que les arsenaux américains sont presque vides, elle pourrait être incitée à déclencher une guerre à Taïwan avant que le Pentagone ne puisse se réapprovisionner, note The National Interest.

### Entre 2 et 2,5 millions de dollars l’unité

« Le Pentagone suit de près le nombre de Tomahawks utilisés, en tenant compte des implications non seulement pour une campagne prolongée en Iran, mais aussi pour les opérations militaires futures », ont déclaré des sources proches du dossier au Washington Post.

Un autre sujet de préoccupation est le coût du missile, estimé entre 2 et 2,5 millions de dollars l’unité, selon les versions. D’après le Royal United Services Institute (Rusi), les forces de la coalition ont utilisé 11.294 munitions au cours des 16 premiers jours du conflit, pour un coût total d’environ 26 milliards de dollars.

L’utilisation de ce missile est, toutefois, en phase décroissante, comme l’indiquent des statistiques du Foreign Policy Research Institute. Une étude publiée le mois dernier révélait que 375 Tomahawk avaient été tirés durant les 96 premières heures du conflit. Si ce rythme avait été maintenu, près de 3.000 missiles auraient été tirés en un mois.

Il est à noter qu’il faudra probablement « au moins cinq ans pour remplacer le stock de missiles Tomahawk utilisés dans le conflit », d’après le Rusi. Il faut compter entre 18 et 24 mois pour produire un missile. Ce calendrier est « fortement impacté par des problèmes d’approvisionnement », souligne The National Interest, que ce soit pour la fabrication des moteurs-fusées à propergol solide ou pour la production de certains composants, dont le moindre retard peut bloquer toute la chaîne de production.