Tunisie

Nabil Saïed : « La Tunisie peut fabriquer ses médicaments »

Nabil Saïed, président d’honneur de l’Association tunisienne des médicaments génériques, a affirmé que de nombreux médicaments actuellement en rupture de stock pourraient être fabriqués localement en Tunisie. Il a indiqué que la pénurie de certains médicaments dans le pays est principalement attribuée à l’absence de matières premières que la Tunisie doit importer.


Invité le jeudi 2 avril 2026 sur le plateau de la Radio Nationale, Nabil Saïed, président d’honneur de l’Association tunisienne des médicaments génériques, membre de la Chambre nationale des fabricants de médicaments et ancien président de l’Ordre des pharmaciens, a déclaré que de nombreux médicaments actuellement en rupture de stock ou en pénurie pourraient être fabriqués localement en Tunisie.

Cette déclaration arrive à un moment où plusieurs médicaments importés font défaut. À ce sujet, l’intervenant s’est montré optimiste en soulignant la présence d’une volonté politique pour développer l’industrie pharmaceutique nationale et encourager la production locale.

Dans l’émission « Yahdeth fi Tounes », M. Saïed a également signalé que la guerre au Moyen-Orient a malheureusement eu un impact sur les prix. Il a néanmoins précisé que des précautions ont été prises pour éviter les pénuries, tout en soulignant l’importance de se préparer pour l’avenir.

Dans ce contexte, M. Saïed a évoqué la nécessité de promouvoir la création d’usines de médicaments biosimilaires, affirmant que l’avenir dépend de l’industrie biotechnologique, en notant que la Tunisie dispose aujourd’hui de plusieurs laboratoires, usines et centres de recherche.

En outre, M. Saïed a révélé que le système pharmaceutique tunisien est parmi les meilleurs, étant soumis à une réglementation rigoureuse. Toutefois, il a attribué la pénurie de certains médicaments à l’absence de matières premières, qui sont importées.

L’intervenant a jugé « anormale » la disparition de certains médicaments essentiels, en citant le traitement de la thyroïde, dont les quantités importées par la Pharmacie Centrale ont déjà été épuisées. Il a expliqué que ce médicament est vendu à un prix très bas en Tunisie par rapport aux autres pays, grâce à l’intervention de l’État qui prend en charge une partie de son coût.

Le spécialiste a proposé de permettre à la Société tunisienne des industries pharmaceutiques (SIPHAT) de fabriquer ce traitement de la thyroïde. Cela se ferait après un accord pour que la Pharmacie Centrale l’achète à son prix réel, avec l’État continuant à le subventionner, afin qu’il soit accessible au grand public à son prix habituel, sans augmentation.

M. Saïed a ajouté que cette proposition pourrait donner un nouvel élan à l’entreprise, tout en garantissant la disponibilité du médicament pour les Tunisiens.