Belgique

Les partis politiques face à la montée des prix de l’énergie.

Depuis le 28 février et le début des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les usagers de la route ont assisté à une forte augmentation des prix des carburants à la pompe. Le PTB a chiffré à 74 millions d’euros les recettes TVA supplémentaires encaissées par l’Etat en raison des augmentations de prix des produits énergétiques.


Depuis le 28 février, avec le début des attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, les automobilistes ont constaté une forte augmentation des prix des carburants, qui ont suivi l’évolution des cours du pétrole brut. Par exemple, le prix du diesel a largement dépassé les 2 euros. Le gaz a également vu ses prix augmenter, bien qu’ils restent encore loin des records observés au début de la guerre en Ukraine.

Le débat s’est intensifié parmi les partis politiques concernant les mesures que le gouvernement pourrait prendre pour alléger la facture des usagers, en écho aux actions menées en 2022 et 2023, lorsque les prix de l’énergie avaient fortement augmenté.

Actuellement, au début d’avril 2026, le gouvernement fédéral de l’Arizona n’a pris aucune décision. Fin mars, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) a exprimé son hésitation à mettre en œuvre des mesures de soutien pour réduire les prix de l’énergie, invoquant l’état des finances publiques.

Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque Nationale, a souligné la situation financière difficile dans laquelle se trouve le pays.

Cependant, au sein de la majorité, certains partis demandent des mesures.

Le 2 avril, à la veille d’un nouveau conseil des ministres, le MR a exprimé ses recommandations concernant l’énergie.

Le MR demande l’activation du cliquet inversé sur les carburants. Cet outil permet de compenser une hausse des prix à la pompe par une diminution des accises, en rétablissant ainsi les recettes TVA pour les citoyens. Le MR n’a cependant pas reçu de chiffres officiels sur les recettes supplémentaires que l’État aurait perçues suite à ces hausses, mais estime que cela pourrait s’élever à 60 millions d’euros, selon ses responsables.

« Le gouvernement de cette semaine doit prendre des décisions », a déclaré le ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet (MR), lors de l’émission QR Le débat. Si le gouvernement ne prend pas de mesures, il a averti : « On va avoir un problème à la pompe et la crise persiste. Il faut un geste fort maintenant. »

En ce qui concerne les Engagés, ils ont également mis en avant leurs priorités lors d’un communiqué début avril. Ce parti centriste a proposé quatre mesures d’urgence sans pour autant envisager de « distribuer des chèques sans compter ». Ils recommandent de plafonner immédiatement les recettes fiscales sur les carburants grâce au cliquet inversé.

Les Engagés suggèrent aussi un plafonnement des prix du gaz et de l’électricité, tout en précisant qu’il n’est pas encore nécessaire de l’appliquer car ces prix, bien qu’en augmentation, restent éloignés des niveaux de la crise ukrainienne. Ils préconisent un mécanisme pour permettre à l’État d’intervenir en cas de hausse excessive.

De plus, ils proposent de surveiller les surprofits dans le secteur énergétique et d’adopter des mesures ciblées pour aider les populations les plus vulnérables. Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité, a souligné la nécessité d’actions précises, en citant les secteurs du transport, de l’agriculture et les soignants indépendants.

Du côté du CD&V, le parti flamand fait preuve de prudence, avec le ministre du Budget, Vincent Van Peteghem, qui doit naviguer prudemment en raison des finances belges délicates. Bien qu’ils ne soient pas aussi actifs dans leur demande de cliquet inversé que leurs homologues francophones, Hilde Crevits (CD&V) a exprimé son soutien à cette mesure si les prix du carburant dépassaient un certain seuil, même si elle a insisté sur la nécessité de ne pas augmenter les impôts à l’avenir.

À l’opposition, les partis réclament également des mesures. Depuis le début des conflits au Moyen-Orient et face à la hausse des prix de l’énergie, il n’y a pas une semaine sans que les partis de l’opposition ne demandent des actions pour alléger les factures des Belges.

Le PS exige que le gouvernement agisse, en réclamant l’annulation de récentes hausses de taxes sur l’énergie, le gel des prix des carburants et une investigation sur les « surprofits réalisés par les entreprises énergétiques ».

Le PTB, quant à lui, a estimé à 74 millions d’euros le surplus de recettes TVA que l’État a perçu avec l’augmentation des prix de l’énergie. Ils demandent à ce que le gouvernement intervienne pour bloquer les prix des carburants par une baisse des accises et une taxation des bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières.

Ecolo a proposé d’élargir le tarif social et de réduire le prix du billet de transport en commun à 1 euro pour favoriser une alternative pour les automobilistes. Ecolo vise aussi, à plus long terme, à sortir des énergies fossiles.