France

« Racisme quasi débridé » : Bally Bagayoko réclame la fermeture de CNews.

Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, a déposé plainte mercredi contre CNews, Jean Doridot et Michel Onfray. Il a également appelé à un « grand rassemblement » contre le racisme samedi à 14 heures devant l’hôtel de Ville de Saint-Denis.


Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, renouvelle son appel à un sursaut contre le racisme. Dans un entretien accordé à l’AFP, il demande aux autorités publiques d’agir rapidement avec des mesures significatives. Il dénonce « une société de plus en plus raciste » et exige la fermeture de la chaîne CNews, où des propos controversés à son égard ont été tenus, dans un contexte où il est la cible d’une campagne de haine.

Face à un « racisme qui est plus affirmé et qui est quasi débridé », le maire LFI de la deuxième plus grande ville d’Île-de-France, après Paris, estime que « l’Arcom doit être beaucoup plus sévère » concernant la chaîne et que la justice doit être « beaucoup plus franche ».

Bagayoko demande à l’Arcom de prendre des mesures strictes. « Est-ce que nous sommes obligés d’avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews et d’autres ? Moi je dis que non », déclare-t-il, quelques jours après que le psychologue Jean Doridot et le philosophe Michel Onfray ont tenu des propos le visant, suscitant l’indignation à gauche et au sein du gouvernement, entraînant ainsi une saisine du régulateur de l’audiovisuel. Concernant les autorisations d’émettre accordées à la chaîne du groupe Bolloré par l’Arcom, il estime que le régulateur devrait « les retirer ».

Mercredi, le maire a déposé plainte contre CNews, Jean Doridot et Michel Onfray. Il a aussi lancé un appel à un « grand rassemblement » contre le racisme samedi à 14 heures devant l’hôtel de Ville de Saint-Denis. Contactée par l’AFP, CNews n’a pas souhaité commenter. Cependant, la chaîne avait déclaré lundi « contester formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus » sur son antenne.

Lors de cet entretien, Bally Bagayoko a également parlé de sa politique sécuritaire, critiquée par ses opposants. Interrogé sur sa volonté de désarmer la police municipale, le maire précise qu’il s’agit d’un simple gel du renouvellement des lanceurs de balles de défense (LBD). « Il n’y a pas de suppression ou de baisse en termes d’effectif », insiste-t-il, tout en soulignant la responsabilité de l’État. « Nous sommes sur un territoire où nous manquons d’effectifs de police nationale ».

Alors que Saint-Denis est parfois perçue uniquement à travers le prisme des trafics, notamment de stupéfiants, Bagayoko estime que ces délits résultent d’une gestion défaillante par l’État de certains aspects du traitement des marchandises dans les aéroports, où les douaniers ne parviennent pas à face à la hausse des volumes. Qualifiant les policiers municipaux de « grands professionnels », le maire, qui les a rencontrés la semaine dernière, ajoute qu’ils n’ont « rien à voir avec l’idéologie de M. Ciotti », le maire de Nice, allié au RN. Ce dernier avait proposé la semaine dernière « d’accueillir les policiers municipaux de Saint-Denis, désarmés par leur maire d’extrême gauche ». « Cette stratégie de bordélisation des choses me fait moyennement sourire », a réagi le maire de Saint-Denis, plaidant pour « un État fort ».