France

Présidentielle 2027 : Emmanuel Grégoire déclare que la gauche « n’a rien à dire »

Emmanuel Grégoire estime que « aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies pour une victoire de la gauche l’an prochain » et souligne que « la gauche traverse sa plus grave crise politique dans l’histoire de la Ve République ». Il juge également que « ceux qui pensent tirer de la conquête des grandes villes, notamment Paris, une stratégie nationale se trompent totalement ».


Emmanuel Grégoire ne se montre pas vraiment optimiste pour 2027. Le nouveau maire PS de Paris considère qu’une victoire de la gauche à l’élection présidentielle est plus qu’incertaine. « Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies pour une victoire de la gauche l’an prochain. Il faut être malhonnête pour laisser entendre le contraire », a-t-il déclaré lors d’un entretien au Nouvel Obs mardi soir, alors que la primaire de la gauche prévue le 11 octobre rencontre des difficultés. Selon lui, la seule chose qui devrait préoccuper les responsables de gauche est « leur programme économique, social, environnemental ».

« La gauche se perd dans des discussions d’appareil parce qu’elle n’a rien à dire », a jugé le nouveau maire socialiste, qui a obtenu 50,52 % des voix le 22 mars, devançant de neuf points Rachida Dati, candidate de l’union de la droite et du centre. « La vérité est qu’aujourd’hui la gauche traverse sa plus grave crise politique dans l’histoire de la Ve République. Nous gardons nos places fortes mais nous sommes à un étiage historiquement très bas. Pourquoi la gauche est si faible ? Ce n’est pas le fait de ses divisions, mais parce qu’elle n’a ni programme ni doctrine », a-t-il analysé.

Grégoire a également critiqué Jean-Luc Mélenchon, affirmant qu’il ne « n’a pas de problèmes avec les électeurs de La France insoumise ni avec l’ensemble de ce parti », mais qu’il en a « avec le premier d’entre eux et certains dirigeants ». Il décrit Mélenchon comme ayant une obsession pour « son destin personnel présidentiel. Tout est ‘matricé’ pour cela. […] Sa stratégie de tout conflictualiser n’est pas la bonne voie, selon moi, pour rassembler une majorité de Français ». Grégoire a exprimé qu’il ne croyait « pas un instant » à la victoire de Mélenchon en 2027.

Il a également souligné que « ceux qui pensent tirer de la conquête des grandes villes, notamment Paris, une stratégie nationale se trompent totalement ». « La sociologie électorale de la capitale n’a rien à voir avec celle du pays. […] Il faut faire preuve d’un minimum de lucidité, sinon on fonce dans le mur », a-t-il mis en garde. Concernant sa victoire face à Rachida Dati et à l’Insoumise Sophia Chikirou, il a estimé que Dati avait mené « une campagne violente et trop caricaturale pour séduire les Parisiens dans leur globalité ». « Je pense que je suis apparu comme plus rassurant, plus serein et plus sérieux », a-t-il conclu, qualifiant la campagne d’« extrêmement violente ».