Tunisie

Nabeul : 1,4 tonne d’huile de néroli exportée aux géants du parfum

La récolte de fleurs de bigaradier a atteint cette saison près de 2 500 tonnes, dont environ 1,4 tonne d’huile essentielle de néroli destinée à l’exportation. La fleur d’oranger est transformée localement en eau de fleur d’oranger, utilisée dans la préparation de pâtisseries traditionnelles et de boissons.


La région de Nabeul réaffirme son statut de berceau de la fleur d’oranger en Tunisie. Selon Imed El Bey, président de l’Union régionale de l’agriculture, la récolte de fleurs de bigaradier (zhar aranj) a atteint cette saison près de 2 500 tonnes, dont environ 1,4 tonne d’huile essentielle de néroli destinée à l’exportation vers les plus grands fabricants de parfums au monde.

Symbole du Cap Bon, la fleur d’oranger constitue une filière agricole et artisanale stratégique, profondément ancrée dans les traditions locales. Chaque printemps, surtout entre mars et avril, des milliers de familles participent à la cueillette manuelle de ces fleurs blanches, connues pour leur parfum délicat et leurs propriétés aromatiques exceptionnelles.

L’huile de néroli, extraite par distillation, est l’un des produits les plus précieux issus de cette culture. Très prisée dans la haute parfumerie, elle est intégrée dans la composition de fragrances de luxe, notamment chez des maisons internationales telles que Chanel, Dior ou Guerlain. Sa rareté et son coût élevé s’expliquent par la quantité importante de fleurs nécessaires à sa production : plusieurs centaines de kilos sont requis pour obtenir un seul litre d’huile.

En plus de l’exportation, la fleur d’oranger est également transformée localement en eau de fleur d’oranger, un ingrédient fondamental de la gastronomie tunisienne, utilisé dans la préparation de pâtisseries traditionnelles et de boissons.

Cependant, la filière est confrontée à plusieurs défis. La hausse des coûts de production, les aléas climatiques et la concurrence internationale impactent les producteurs. De plus, certains professionnels réclament une meilleure structuration du secteur, notamment à travers la labellisation et la valorisation à l’export, afin d’accroître la compétitivité du produit tunisien sur les marchés internationaux.

Malgré ces contraintes, la campagne actuelle est jugée globalement positive. Les acteurs de la filière espèrent tirer parti de cette bonne récolte pour renforcer la présence de la Tunisie sur le marché mondial des huiles essentielles, où la demande pour les produits naturels et biologiques est en constante augmentation.

À Nabeul, la fleur d’oranger n’est pas seulement une culture agricole : elle représente un patrimoine vivant, un savoir-faire transmis de génération en génération et une véritable vitrine du terroir tunisien à l’international.