50 ans d’Apple : un expert affirme qu’ils se sont toujours plantés en privilégiant la technologie
Ce 1er avril 2026, Apple célèbre ses 50 ans. Jean-Baptiste Leheup a signé le livre « L’aventure Apple – Cinquante ans de souvenirs », qui contient 256 pages et 700 illustrations.
Ce n’est pas une blague. Le 1er avril 2026, Apple célèbre ses 50 ans ! Jean-Baptiste Leheup a écrit avec MacGeneration le livre *L’aventure Apple – Cinquante ans de souvenirs*. En 256 pages et 700 illustrations, l’auteur évoque, à travers de nombreux souvenirs, la grande histoire de la marque à la pomme, en rassemblant les récits inédits d’une cinquantaine de témoins de divers horizons : journalistes, anciens d’Apple, Youtubeurs, développeurs… *20 Minutes* a partagé ce moment de célébration avec lui.
Le livre que vous dédiez aux 50 ans d’Apple évoque beaucoup de souvenirs…
Sans le vouloir, Apple est une marque qui a pris une vaste place dans nos vies. Elle existe depuis cinq décennies, se renouvelle fréquemment et affirme constamment sa position, touchant divers aspects de notre quotidien.
Apple a débuté avec un simple ordinateur, qui est devenu un outil de travail, puis un moyen de communication personnel. Aujourd’hui, elle est aussi présente dans le domaine du cinéma, de la musique et de l’informatique embarquée…
Quel objet vous a particulièrement marqué durant ces cinq décennies ?
Je ne vais pas mentionner le Macintosh en tant que tel, mais plutôt la souris. Bien qu’Apple ne l’ait pas inventée, elle a eu le courage d’en faire un accessoire courant. Il en est de même pour les écrans tactiles, qui existaient depuis longtemps : il était possible d’utiliser une photocopieuse avec un écran tactile peu attirant, nécessitant des pressions fortes.
L’idée était déjà présente, mais Apple a compris que c’était la nouvelle manière d’interagir avec les ordinateurs au sens large. Personnellement, mon propre souvenir marquant concerne la couleur ! Mon premier choc avec Apple a été lorsque notre ordinateur familial est passé d’un écran noir et blanc à un écran de 256 couleurs.
Il y a eu des échecs, des produits qui n’ont pas fonctionné durant ces 50 ans…
Le Newton, l’ancêtre du Palm, a été à la fois un échec et une grande réussite : c’était une prouesse à l’époque de réussir à intégrer autant de technologie dans un volume si réduit, avec un écran de cette qualité. L’important, c’est de noter qu’Apple, comme d’autres, échoue lorsqu’elle privilégie la technologie plutôt que l’usage. Avec le Newton, ils ont concentré leurs efforts sur la technologie en cherchant à miniaturiser un ordinateur. Finalement, personne ne savait comment l’utiliser.
Ils ne l’ont pas vendu. Ensuite, ils ont tenté de transformer un ordinateur en console, mais cela n’intéressait pas les gens. Ils ont travaillé la technologie plutôt que la finalité. L’enseignement à tirer est le suivant : lorsqu’Apple (comme d’autres entreprises) réfléchit à une technologie sans avoir une finalité client en tête, elle échoue.
À l’inverse, la réussite majeure demeure l’iPhone…
Ils se sont demandé : « Que veulent réellement les gens ? ». Mieux encore : « Que vont-ils vouloir sans même le savoir ? ». La réponse était simple : un produit qui ne nécessite pas des installations logicielles compliquées et sans configuration. De plus, l’idée était d’être constamment connecté. Avant, avec les téléphones mobiles, nous nous connectons au réseau WAP, relevons nos mails et déconnectons. Les opérateurs disaient alors : « mais vous êtes fous, vous allez dérégler notre réseau ».
Il existe aussi des produits que l’on attend, comme l’Apple TV ou l’Apple Car…
Pourquoi Apple ne s’est-elle pas engagée dans ces directions ? Peut-être parce qu’elle jugeait que cela venait trop tôt ou que ces produits n’étaient pas pour eux. Apple n’entre généralement pas sur un marché sans proposer une réponse que les concurrents n’offrent pas déjà. Ainsi, si l’Apple TV est identique à un téléviseur Samsung vendu 300 euros de moins, personne ne l’achètera.
Est-ce à dire qu’ils ont encore la capacité d’innover véritablement ?
Il y a eu, pendant des années, une forte poussée dans l’innovation technologique. Aujourd’hui, c’est moins le cas. On observe moins de disruption et davantage une maturation qui fait que l’on n’attend plus rien de particulier. Par ailleurs, l’écosystème Apple a atteint un niveau d’intégration fantastique entre les différents outils.
Vous pouvez passer d’une Apple Watch à un iPhone, à un iPad, à un Mac, sans même vous en rendre compte. L’objectif du livre était également d’éviter une nostalgie excessive. Aucune page ne dit que c’était mieux avant. Non, c’était différent, c’était intéressant, c’était palpitant. Mais aujourd’hui, c’est également très bien !
Qu’est-ce qui vous ferait rêver aujourd’hui d’une marque comme Apple ?
Si on m’avait demandé il y a 20 ans ce que je souhaitais pour l’avenir, je ne suis pas sûr que j’aurais imaginé tout ce qui s’est réalisé. Même si l’on pouvait s’attendre à l’existence de tablettes un jour, comme celles vues dans les films. Et même si l’on pouvait imaginer, un jour, parler à notre montre… Mais aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose, même dans la science-fiction, qui n’ait pas été réalisé concernant Apple.
Que reste-t-il pour vous, de ces 50 ans ?
C’est d’avoir vécu les périodes où Apple était au bord de la faillite, lorsque dire « j’ai un Mac » suscitait des moqueries avec des réponses comme « tu es fou, tout le monde utilise un PC ! ». Ce qui me surprend toujours, c’est que le soufflé ne retombe pas.
Tous les concurrents d’Apple s’efforcent de proposer des machines moins chères en plastique, avec des claviers médiocres… qui ne font rêver personne. Pendant ce temps, Apple continue de dominer le secteur haut de gamme.

