Espagne : La justice refuse de licencier une serveuse malade du diabète.
Une serveuse en arrêt maladie pour diabète a été licenciée après avoir été filmée en train de consommer des boissons sucrées et alcoolisées, selon le quotidien El Periódico. En 2025, le tribunal social n°1 de Murcie a jugé le licenciement abusif et ordonné soit la réintégration de la salariée, soit le versement d’une indemnité de 1.335,18 €.
En Espagne, une serveuse en arrêt maladie pour diabète a été licenciée après avoir été filmée en train de consommer des boissons sucrées et alcoolisées. Cette affaire a été rapportée par le quotidien espagnol *El Periódico*.
Embauchée depuis près d’un an dans un bar à Murcie, la salariée avait pris un arrêt maladie en octobre 2022, en invoquant la nécessité de subir des examens pour réguler sa glycémie. Quelques mois plus tard, alors qu’elle était toujours en arrêt, son employeur a décidé de la licencier pour faute grave.
Pour justifier cette décision, l’entreprise s’est fondée sur des éléments recueillis par des détectives privés. Ces derniers ont vu la jeune femme lors d’un dîner au restaurant en février, où elle a consommé un « tinto de verano », une boisson à base de vin et de limonade contenant du sucre et de l’alcool. Selon l’employeur, ce comportement était incompatible avec son état de santé et risquait de perturber son suivi médical.
Les enquêteurs ont également rapporté une autre sortie en janvier, au cours de laquelle la salariée aurait bu de la bière et des cocktails. Toutefois, la justice a par la suite précisé que cet épisode n’était pas directement lié au licenciement.
Contestant la décision, la salariée a saisi les prud’hommes espagnols. En 2025, le tribunal social n°1 de Murcie a jugé le licenciement abusif. Il a ordonné soit la réintégration de la salariée, soit le versement d’une indemnité de 1.335,18 €, accompagnée d’un rappel de salaire en cas de réintégration.
L’employeur a interjeté appel, mais la juridiction supérieure a confirmé la décision. Les juges ont estimé que le licenciement reposait avant tout sur l’état de santé de la salariée, et non sur les faits invoqués. Ils ont notamment souligné qu’un responsable de l’entreprise lui avait proposé, peu avant son licenciement, de rompre son contrat en raison du coût de son arrêt maladie, évalué à environ 700 € par mois.

