France

Marseille : Enquête pour harcèlement sexuel contre le directeur du Mucem

Pierre-Olivier Costa, ancien conseiller d’Emmanuel Macron et directeur du Mucem, fait l’objet d’une enquête pour harcèlement sexuel et moral, suite à un signalement au ministère de la Culture. L’Inspection générale des affaires culturelles a entamé le 10 mars une mission au sein du Mucem pour des « faits de mal-être au Mucem et tout élément en rapport ».


L’ancien conseiller d’Emmanuel Macron et directeur du musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) à Marseille, Pierre-Olivier Costa, fait l’objet d’une enquête pour harcèlement sexuel et moral, comme l’a révélé ce mardi une source. Cette enquête a été lancée suite à un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale provenant du ministère de la Culture. Selon deux sources proches du dossier, la victime présumée de harcèlement sexuel serait un agent du musée.

Le parquet de Marseille a également confirmé l’ouverture, mi-mars, d’une enquête préliminaire après un signalement du ministère de la Culture. Contacté par l’AFP, Pierre-Olivier Costa a déclaré qu’il n’était pas au courant de cette procédure.

Concernant la situation au Mucem, l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) a débuté, le 10 mars, une mission pour examiner des « faits de mal-être au Mucem et tout élément en rapport » selon les mêmes sources. Interrogé par l’AFP à ce sujet, le ministère de la Culture a indiqué qu’il ne « souhaite pas communiquer sur une procédure en cours », soulignant que « l’établissement public du Mucem est autonome et responsable de son pilotage ».

Pierre-Olivier Costa, qui avait pris la direction du Mucem en novembre 2022, avait déjà été critiqué un an après sa nomination, des membres du personnel l’ayant accusé de « mettre à mal le projet scientifique » du musée. Sa gestion avait été jugée « parfois toxique », exercée « en dehors du cadre légal par deux conseillers prestataires » qu’il avait choisis.

En décembre 2023 puis en juin 2024, le syndicat SUD-Solidaires avait appelé à la grève. À cette époque, le directeur avait fait savoir qu’il avait hérité d’un « bateau un peu à la dérive ». Suite à cette grève, d’après une source syndicale, la direction avait commandé un audit sur les risques psycho-sociaux, mais n’en avait jamais communiqué les conclusions aux agents. En septembre 2024, la médecine du travail avait écrit au ministère pour alerter sur la souffrance au travail des agents au Mucem.