Royaume-Uni : Visite de Charles III et Camilla aux États-Unis fin avril controversée
Le roi Charles III et la reine Camilla se rendront en visite d’Etat aux Etats-Unis du 27 au 30 avril. Selon un sondage YouGov publié jeudi, près de la moitié des Britanniques (49 %) sont contre cette visite.
Deux invités d’honneur. Le roi Charles III et la reine Camilla effectueront une visite d’État aux États-Unis du 27 au 30 avril. Leur programme « célébrera les liens historiques et les relations bilatérales actuelles entre le Royaume-Uni et les États-Unis, à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance américaine », selon un communiqué du palais de Buckingham diffusé mardi. Cependant, ce déplacement suscite des critiques en raison de la guerre au Moyen-Orient et des tensions existantes entre Washington et Londres.
« Ce sera mémorable »
« J’ai hâte de passer du temps avec le roi, que je respecte énormément ». Ce sera « formidable » et « mémorable », a déclaré Donald Trump dans un message sur son réseau Truth Social, en précisant les dates de cette visite. Un « beau banquet » est prévu à la Maison Blanche le 28 avril, a ajouté le président américain. Par la suite, le roi et la reine se rendront aux Bermudes du 30 avril au 2 mai, marquant le premier déplacement du monarque dans un territoire d’outre-mer du Royaume-Uni depuis son accession au trône en septembre 2022.
Londres et Washington, fort de 250 ans d’histoire, partagent une « relation spéciale » qui repose sur des liens diplomatiques, militaires et économiques étroits. Durant son règne, la reine Elizabeth II a été reçue à quatre reprises en visite d’État aux États-Unis, notamment en 1976 pour célébrer le bicentenaire de l’indépendance américaine et en 1991, lors d’une adresse historique devant le Congrès américain.
Trump fan de couronne
Donald Trump, fervent admirateur de la famille royale, a été accueilli en septembre pour une visite d’État au Royaume-Uni, marquée par le faste royal, allant de la procession en carrosse à un somptueux banquet au château de Windsor. D’après Warren Stephens, ambassadeur américain à Londres, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a proposé que Charles III prononce un discours devant les deux chambres du Congrès américain.
Cette visite aux États-Unis survient en pleine guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, avec des conséquences économiques mondiales. Donald Trump n’a pas épargné le Premier ministre Keir Starmer depuis le début du conflit, reprochant au dirigeant britannique de ne pas avoir suffisamment soutenu son grand allié américain. « Ce n’est pas à Winston Churchill que nous avons affaire », avait-il déclaré début mars, exprimant son « mécontentement de Londres » qui avait initialement refusé que les États-Unis utilisent ses bases militaires.
Les Britanniques divisés
Le dirigeant travailliste a assuré que, malgré ces déclarations, la « relation spéciale » avec Washington était toujours « à l’œuvre ». Son gouvernement, en place depuis juillet 2024, a veillé à entretenir de bonnes relations avec l’administration Trump et se vantait d’avoir obtenu un meilleur traitement que d’autres pays, notamment dans les négociations tarifaires.
Selon un sondage YouGov publié jeudi, près de la moitié des Britanniques (49 %) s’oppose à cette visite. De nombreux parlementaires britanniques se manifestent également contre. L’honneur « ne devrait pas être accordé à quelqu’un qui insulte et porte atteinte à notre pays de façon répétée », a déclaré le chef des libéraux-démocrates, Ed Davey.

