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Guerre en Iran : Trump prévient « les Etats-Unis ne seront plus là »

Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis « ne seraient plus là pour aider » les pays dont l’approvisionnement en pétrole dépend du détroit d’Ormuz. Les Philippines ont décrété une « urgence énergétique nationale » en raison de l’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz sur leur approvisionnement en énergie.


De l’agacement face à une situation qui n’évolue pas en sa faveur ? Donald Trump a déclaré mardi que les États-Unis « ne seraient plus là pour aider » les pays dont l’approvisionnement en pétrole dépend du détroit d’Ormuz.

Le président américain, qui souhaite finaliser en six semaines maximum l’opération militaire lancée contre l’Iran le 28 février, avait déjà indiqué précédemment que la réouverture de cette artère vitale pour le transport mondial de pétrole ne constituait pas une priorité pour lui.

**« Achetez auprès des États-Unis »**

« J’ai une suggestion pour tous ces pays qui n’ont plus de kérosène à cause du détroit d’Ormuz, comme le Royaume-Uni, qui a refusé de s’impliquer dans la décapitation de l’Iran : 1. achetez auprès des États-Unis, nous en avons en abondance, 2. trouvez du courage, avec du retard, allez jusqu’au détroit et PRENEZ-le tout simplement », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

« Vous allez devoir apprendre à vous défendre vous-mêmes, les États-Unis ne seront plus là pour vous, de la même manière que vous n’avez pas été là pour nous. L’Iran a été, pour l’essentiel, décimé. Le plus dur est fait. Allez chercher votre propre pétrole ! », a conclu le président américain.

Il a plusieurs fois affirmé que la première puissance mondiale, qui produit une grande partie du pétrole qu’elle consomme et importe le reste principalement du Canada et du Mexique, n’était pas affectée par la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, même si la hausse des prix se fait également ressentir aux États-Unis.

**« Urgence énergétique nationale » aux Philippines**

Cependant, cela n’est rien comparé à ce que subissent de nombreux pays asiatiques, confrontés à une crise énergétique majeure. L’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz est particulièrement visible dans des pays comme les Philippines, qui ont déclaré une « urgence énergétique nationale ». « Nous estimons que l’Asie sera, pour l’instant (la région) qui souffrira le plus », a déclaré Jean Maynier, président de la société d’analyse maritime Kpler, ajoutant que le continent ne dispose pas de ressources énergétiques propres suffisantes pour combler le déficit.

« Cela [les ressources] ne suffira pas en Chine, cela ne suffira pas pour couvrir les besoins de grands pays comme les Philippines ou l’Indonésie. C’est donc une véritable crise énergétique », a-t-il ajouté. « Actuellement, il n’y a presque pas de pétrole brut qui arrive [en Asie]. Et de toute évidence, les stocks s’épuisent », a encore souligné Jean Maynier, pour qui l’attaque contre l’Iran était un scénario que son entreprise savait susceptible de se produire.

Pékin a indiqué mardi que trois bateaux chinois avaient toutefois récemment franchi le détroit d’Ormuz et a exprimé sa « gratitude » envers les parties impliquées, sans préciser de qui il s’agissait.