Alinea en liquidation : 1.200 salariés ne conservent pas leur emploi
Le tribunal des activités économiques de Marseille a placé mardi Alinéa en liquidation judiciaire, entraînant le licenciement de près de 1.200 salariés. En 2020, l’enseigne avait déjà subi un premier redressement judiciaire, perdant 17 magasins et près de 1.000 salariés.
Lourde décision pour Alinéa. Le tribunal des activités économiques de Marseille a placé mardi l’enseigne d’ameublement en liquidation judiciaire, faute de repreneur crédible. Cette décision entraîne le licenciement de près de 1 200 salariés de la marque appartenant à la galaxie Mulliez. Placée en redressement judiciaire en novembre, Alinéa n’a reçu qu’une unique offre de reprise globale de la part d’un groupe roumain, proposition qui a été rejetée par la direction et les salariés.
Les 36 magasins de l’enseigne ont définitivement fermé dimanche, seuls sept franchisés pourront poursuivre leurs activités sous un autre nom. Un Conseil économique et social (CSE) est prévu jeudi pour préparer le plan de licenciement.
Le tribunal avait placé le 20 novembre Alinéa en redressement judiciaire alors que l’entreprise affichait, pour l’exercice 2024, 47 millions d’euros de pertes pour 162 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 2020, l’enseigne de meubles et décoration du groupe Mulliez (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin…), fondée en 1988 à Avignon, avait déjà subi un premier redressement judiciaire, durant la pandémie de Covid-19, et avait été finalement reprise par ses propres actionnaires.
Elle avait ainsi perdu 17 magasins et près de 1 000 salariés, avant d’intégrer en 2023 une vingtaine de magasins Zodio (spécialisés dans la décoration), autre enseigne de Mulliez. Entre 2021 et 2023, l’enseigne a cumulé plus de 60 millions d’euros de pertes.
Avec des revenus rognés par l’inflation, Alinéa a dû faire face à la concurrence de géants comme Ikea ou But-Conforama, qui disposent de parcs de magasins beaucoup plus denses et plus agressifs sur les prix, ainsi qu’à celle d’enseignes de bazar discount comme Action (850 magasins en France) ou du site Internet chinois Temu, sur le marché de la décoration du quotidien. Selon une étude de l’Insee publiée en décembre, le secteur de l’ameublement, du bricolage ou encore de l’électroménager rencontre des « difficultés structurelles » qui se sont traduites par une baisse d’environ 7 % du nombre de magasins entre 2015 et 2022.

