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Etats-Unis : Un Mexicain meurt sous la garde de l’ICE, Mexico réagit

Le Mexique a annoncé lundi prendre des « mesures de protestations » envers les Etats-Unis après le décès de José Ramos, portant à 14 le nombre de Mexicains morts sous la responsabilité de l’ICE ou lors de descentes anti-immigration au cours du second mandat de Donald Trump. Selon les données officielles américaines, 14 migrants de diverses nationalités sont décédés depuis le début de l’année 2026 tandis qu’elles se trouvaient aux mains de l’ICE, en comptant José Ramos.


C’en est trop. Le Mexique a annoncé lundi qu’il prendrait des « mesures de protestation » envers les États-Unis suite à un nouveau décès « inacceptable » d’un ressortissant mexicain, José Ramos, pendant sa détention par la police américaine de l’immigration (ICE) en Californie. Ce décès porte à 14 le nombre de Mexicains morts sous la responsabilité de l’ICE ou lors de descentes anti-immigration durant le second mandat de Donald Trump, selon le ministère mexicain des Affaires étrangères.

L’ICE, bras armé de l’offensive antimigrants du président américain, fait l’objet de vives critiques, notamment après que deux Américains ont été tués en janvier par des agents fédéraux à Minneapolis (nord) lors de manifestations contre sa présence.

« Toutes les voies pour demander justice »

« Nous allons prendre plusieurs mesures de protestation face au décès d’un nouveau Mexicain, un de nos compatriotes, aux États-Unis », a déclaré Claudia Sheinbaum, la présidente mexicaine de gauche, lors de sa conférence de presse quotidienne. Le Mexique « épuisera toutes les voies légales, diplomatiques et multilatérales pour demander justice », a ajouté Vanessa Calva Ruiz, directrice de la protection consulaire du Mexique, lors d’une conférence de presse à Los Angeles lundi.

Le pays se joindra en tant qu’amicus curiae à une plainte déposée par des ONG aux États-Unis le 26 janvier concernant les conditions de détention. « Nous estimons que ces décès » dont « la répétition et la fréquence sont absolument inacceptables », « reflètent des défaillances systémiques, des insuffisances opérationnelles et une possible négligence, contraires aux propres protocoles et réglementations des États-Unis, ainsi qu’aux normes internationales en matière de droits humains », a précisé la responsable de la protection des Mexicains à l’étranger.

« Inspection immédiate »

José Ramos, âgé de 52 ans, était détenu au centre californien d’Adelanto où il a été retrouvé « inconscient et sans réaction », selon un avis de décès publié en ligne par l’ICE. Des « opérations de réanimation » ont été entreprises avant qu’il ne soit transféré à un hôpital à Victorville, « où son décès a été constaté » le 25 mars.

Le rapport de l’ICE décrit José Ramos comme un « étranger illégal criminel venant du Mexique », une qualification jugée « prématurée » et « offensante » par l’avocat Jesús Arias, qui a annoncé des actions en justice au nom de la famille de José Ramos. Une enquête privée a été ouverte pour déterminer la cause de sa mort. L’ICE a précisé que José Ramos avait été condamné en août pour « possession de stupéfiants et vol ».

Une trentaine de personnes décédées

« Il ne méritait pas de mourir ainsi », a déclaré son épouse Antonia Tovar, présente à la conférence de presse avec ses enfants. Le ministère mexicain des Affaires étrangères, ayant rendu public ce décès dans la nuit de vendredi à samedi, a exhorté les États-Unis à s’assurer que « ces cas lamentables ne se reproduisent pas ». Il a également demandé « une inspection immédiate du centre d’Adelanto, en raison des graves omissions et de déficiences évidentes dans la prestation de soins médicaux aux personnes placées sous sa garde ».

La présidente Claudia Sheinbaum a indiqué que « davantage de réclamations » seraient adressées aux autorités américaines et que ce ne sera « pas seulement comme nous avons fait jusqu’à présent », en référence aux mesures telles que l’envoi de notes diplomatiques. Selon des données officielles américaines, 14 migrants de diverses nationalités sont décédés depuis le début de l’année 2026 pendant leur détention par l’ICE, y compris José Ramos. Au moins 30 personnes sont mortes ainsi en 2025, le chiffre le plus élevé depuis 2004, année de création de cette police.