France

Près de Lyon, une femme tuée après injection d’acide hyaluronique, suspect écroué.

Une personne soupçonnée d’avoir pratiqué une injection esthétique illégale ayant entraîné le décès d’une femme le 20 mars à Villeurbanne a été mise en examen et écrouée. En 2025, l’Ordre des médecins a reçu 213 signalements concernant des actes médicaux et chirurgicaux illégaux à visée esthétique.


Une personne suspectée d’avoir réalisé une injection esthétique illégale, ayant conduit au décès d’une femme le 20 mars à Villeurbanne, près de Lyon, a été mise en examen et placée en détention, a annoncé le parquet lundi.

Elle est accusée d’« homicide involontaire » et d’« exercice illégal de la profession de médecin », a précisé le parquet, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Les causes et circonstances précises de ce décès devront être établies par un juge d’instruction qui supervisera la poursuite de l’enquête.

Selon La Dépêche, la victime, âgée d’une quarantaine d’années, a subi un arrêt cardiaque après avoir reçu, dans un appartement, une injection d’acide hyaluronique – substance reconnue pour ses vertus hydratantes et repulpantes – ainsi que de la lidocaïne dans les fesses.

La personne mise en cause serait, d’après la même source, une influenceuse spécialisée dans les soins esthétiques, qui s’est fait connaître via le réseau social Instagram.

« Ce drame illustre les dangers liés à ces actes pratiqués par des non-médecins et dans des conditions sanitaires déplorables », a déclaré le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE) dans un communiqué, appelant à un « renforcement des contrôles » et à « une vigilance accrue du public ».

À l’instar de ce syndicat, les professionnels de santé tirent régulièrement la sonnette d’alarme face à la forte progression des injections illégales de botox ou d’acide hyaluronique en dehors du circuit médical, un phénomène qui se développe via les réseaux sociaux.

Attirés par des promesses de résultats rapides et de prix alléchants, les clients s’exposent à des risques de nécroses, d’infections graves, d’embolies ou de déformations irréversibles, préviennent-ils.

En 2025, l’Ordre des médecins a enregistré 213 signalements relatifs à des actes médicaux et chirurgicaux illégaux à des fins esthétiques – un record – et déjà 28 en 2026. Pour 2024, les signalements étaient de 128, contre 123 en 2023 et 62 en 2022. Ces chiffres restent néanmoins en deçà de la réalité, selon l’Ordre.

Entre août et septembre 2024, huit personnes ont été hospitalisées en réanimation pour des symptômes sévères : difficultés à parler ou à avaler (fausses routes), troubles de la marche, vision floue ou double, et des difficultés respiratoires nécessitant une trachéotomie pour certains.