Guerre en Iran : l’Espagne ne permet plus aux avions militaires américains d’accéder à son espace aérien.
Le gouvernement espagnol a fermé son espace aérien aux avions américains impliqués dans la guerre contre l’Iran, a annoncé lundi la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a qualifié la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran d’« illégale » depuis le 28 février.
L’Espagne impose un « veto ». Le gouvernement espagnol, dirigé par la gauche, s’est déclaré « totalement opposé » aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, et a fermé son espace aérien aux avions américains engagés dans ce conflit, a annoncé lundi la ministre de la Défense, Margarita Robles. Elle a précisé : « L’utilisation des bases américaines en Espagne n’est pas autorisée, et bien entendu, l’utilisation de l’espace aérien espagnol pour des actions liées à la guerre en Iran ne l’est pas non plus », confirmant ainsi une information du quotidien El País.
En pratique, « le refus de coopération de l’Espagne a compliqué l’opération » des États-Unis au Moyen-Orient, selon El País, car certains bombardiers américains ont dû « contourner la péninsule ibérique pour entrer par le détroit de Gibraltar », entrainant des modifications de leur itinéraire et de leur logistique. « Le veto espagnol ne comporte qu’une seule exception : en cas d’urgence, le transit ou l’atterrissage des aéronefs concernés est autorisé », ajoute le quotidien, information que Margarita Robles n’a pas détaillée.
Une guerre « illégale »
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a fermement réagi à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février, la qualifiant d’« illégale » et d’« erreur extraordinaire ». Ces déclarations lui ont valu des critiques sévères de la part du président américain Donald Trump, qui a menacé de « cesser » tout commerce bilatéral suite au refus de Madrid de permettre à l’armée américaine d’utiliser ses deux bases en Espagne pour son opération militaire contre l’Iran.
El País souligne cependant que « toutes les missions prévues par l’accord bilatéral avec Washington restent en vigueur » concernant ces deux bases américaines situées en Andalousie, dans le sud de l’Espagne. La base navale de Rota et la base aérienne de Morón sont issues d’un accord signé entre Washington et Madrid en 1953 sous le régime de Franco. Par ailleurs, Donald Trump reproche depuis plusieurs mois à l’Espagne de ne pas avoir porté ses dépenses militaires à 5 % du PIB, conformément aux nouveaux objectifs de l’Otan qu’il promeut.

