Grève des enseignants en France ce mardi : explications.
30 % des enseignants du premier degré du public devraient être en grève ce mardi, selon le SNUipp-FSU. Au total, 4.000 suppressions de postes d’enseignants, public et privé confondus, sont attendues pour la rentrée 2026, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré.
Suppressions de postes, fermetures de classes, salaires trop faibles… Selon le SNUipp-FSU, 30 % des enseignants du premier degré du public devraient faire grève ce mardi.
La mobilisation sera « très disparate selon les départements », a indiqué Aurélie Gagnier, secrétaire générale du premier syndicat du primaire, lors d’une conférence de presse d’une intersyndicale de l’Éducation nationale, en admettant avoir « un petit peu de mal à avoir de la visibilité ». Elle a précisé que Paris, la Gironde, l’Aude ou les Yvelines « annoncent une forte mobilisation » dans les écoles publiques.
Contrairement au premier degré, les enseignants du second degré (collèges et lycées) ne sont pas obligés de se déclarer grévistes avant le jour J, a rappelé Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré. Elle a estimé que « cela pourrait être assez suivi dans certaines académies », notamment à Aix-Marseille, en région parisienne ou à Lille.
Un service public « exsangue »
La FSU, l’Unsa, la CFDT, la CGT et SUD ont appelé à une semaine d’actions à partir de ce lundi, avec une journée nationale de grève mardi, pour renforcer la mobilisation en cours sur l’ensemble du territoire depuis le début de l’année contre des choix budgétaires « court-termistes » qui aggravent la dégradation d’un service public d’éducation déjà « exsangue », selon elles.
Sophie Vénétitay a souligné qu’« il ne s’est pas passé une seule semaine depuis le mois de janvier sans qu’il n’y ait de mobilisation, soit à l’échelle d’un établissement, d’un département ou d’une académie ». Le 17 février, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris et environ 6,16 % des enseignants d’Île-de-France étaient en grève.
De nouvelles suppressions de postes
Pour la rentrée 2026, 4.000 suppressions de postes d’enseignants, dans le public et le privé, sont attendues, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré.
En janvier, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray avait évoqué une « chute démographique vertigineuse » pour justifier ces suppressions.
Morgane Verviers, secrétaire générale de l’Unsa-éducation, a critiqué cette approche : « Cette baisse démographique est utilisée comme une forme d’alibi pour une réflexion assez mécanique, alors qu’elle devrait être une opportunité pour nous pour donner de l’air. »
Laetitia Aresu, secrétaire nationale de la CFDT Éducation, a également déploré que « l’on compte beaucoup sur la bonne volonté (des personnels) pour que le système fonctionne et aucune mesure salariale ne vient le reconnaître, ce qui pèse sur le moral des personnels. »

