Maroc

Hind Qsiouer, première élue au Conseil de la présidence de l’IUSY.

Du 26 au 29 mars 2026, Istanbul a accueilli le Congrès mondial de l’Union internationale de la jeunesse socialiste (IUSY), sous le thème «L’audace dans l’action : l’élaboration du monde que nous voulons». Hind Qsiouer, représentante de la délégation de la Chabiba ittihadia, a été élue membre du Conseil de présidence de l’IUSY, devenant ainsi la première jeune militante marocaine à accéder à ce poste.


Du 26 au 29 mars 2026, le Congrès mondial de l’Union internationale de la jeunesse socialiste (IUSY) a eu lieu à Istanbul, sous le thème «L’audace dans l’action : l’élaboration du monde que nous voulons». La délégation de la Chabiba ittihadia, branche jeunesse de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), s’est démarquée parmi environ 200 délégués du monde entier par la qualité de ses interventions et un résultat électoral marquant.

El Hassan Lachguar a présenté Istanbul comme un «carrefour des civilisations et foyer de la résistance démocratique», soulignant la participation marocaine significative qui témoigne du renouvellement du dynamisme de l’USFP sur la scène internationale.

Contre la précarité, l’urgence d’un syndicalisme renouvelé

Dans le cadre officiel en tant que coordinateur du Forum international des jeunes parlementaires socialistes, El Hassan Lachguar a conduit un discours centré sur «Renouer l’engagement des jeunes avec le travail syndical» (à lire en intégralité en page suivante).

Entre discours engagé sur le renouveau syndical et élection historique au Conseil de la présidence de l’IUSY, la Chabiba ittihadia s’est imposée comme acteur incontournable de la scène socialiste internationale

Après avoir exprimé la solidarité de l’USFP envers la Jeunesse du Parti républicain du peuple (CHP), qu’il a saluée pour son courage face aux pressions politiques, El Hassan Lachguar a dressé un constat clair des enjeux liés à ce qu’il appelle la «double désarticulation» du marché du travail aujourd’hui.

D’une part, la précarisation des structures d’emploi — contrats courts, auto-emploi contraint, plateformes numériques — fragilise les liens collectifs qui ont traditionnellement soutenu le militantisme syndical. D’autre part, les structures syndicales sont perçues par les jeunes comme des institutions défensives déconnectées des réalités contemporaines du travail. Dans la région MENA, cette rupture est amplifiée, des millions de travailleurs exerçant dans le secteur informel sans protection légale ni représentation.

Pour rapprocher l’énergie militante des jeunes des institutions syndicales, le député ittihadi a proposé une feuille de route axée sur six grands axes : moderniser la communication syndicale avec des outils numériques adaptés à la «Génération Z» ; intégrer les nouvelles formes d’emploi, y compris les travailleurs des plateformes et les auto-entrepreneurs ; faire de la «qualité de l’emploi» un critère budgétaire au Parlement ; simplifier le discours syndical en le centrant sur des droits concrets et des victoires visibles ; accompagner les jeunes avant l’entrée sur le marché du travail ; et assurer une présence syndicale significative durant les stages et apprentissages, périodes de vulnérabilité particulière.

El Hassan Lachguar a terminé son intervention en soulignant que le slogan du congrès — «L’audace dans l’action» — est essentiel pour contrer l’individualisme excessif et les politiques normant la précarité, en lançant un appel de solidarité à la jeunesse du CHP : «La social-démocratie ne se construit pas sans la jeunesse, et la jeunesse ne peut pas changer le monde sans organisation collective».

La Chabiba ittihadia s’installe aux commandes de l’IUSY

Un autre moment fort de cette participation marocaine a été l’élection de Hind Qsiouer, membre de la Chabiba ittihadia, au Conseil de présidence de l’IUSY. Elle devient ainsi la première militante marocaine à accéder à ce poste au sein de cette organisation mondiale.

Originaire de Fès, Hind Qsiouer a construit son parcours militante depuis les bases de la Chabiba ittihadia jusqu’aux instances nationales. Éduquée au sein du mouvement étudiant, elle a su allier engagement local et rayonnement international, ce qui a conduit à son élection au Bureau national de la Chabiba ittihadia, ouvrant la voie à cette nomination à Istanbul.

Son élection s’inscrit dans une dynamique forte du mouvement ittihadi au sein de l’IUSY, particulièrement après l’éviction des représentants du polisario des instances dirigeantes, un développement qui est généralement vu comme un indicateur de l’influence croissante du Maroc dans les cercles socialistes internationaux.

Pour les acteurs ittihadis, cet accomplissement représente plus qu’une simple victoire : il témoigne de la crédibilité de la Chabiba ittihadia sur la scène mondiale, du rôle des femmes dans la diplomatie partisane, et de la capacité du mouvement à défendre les causes nationales au sein des forums internationaux.

Une délégation à la hauteur des ambitions de l’USFP

En plus d’El Hassan Lachguar et de Hind Qsiouer, la délégation ittihadie comprenait Ayoub Al-Hachmi, représentant le parti au Réseau MENA-Latina, ainsi que Fadi Wakili Asrawi et Anas Ar-Rahouni en tant que congressistes. Ensemble, ils ont fait valoir une vision cohérente et déterminée pour un mouvement socialiste marocain, engagé dans les débats contemporains et proposant des alternatives sur l’emploi des jeunes, la social-démocratie et la justice internationale.

Cette participation au Congrès mondial de la jeunesse socialiste confirme la vocation internationaliste de l’USFP et de sa Chabiba : être présent là où se dessine l’avenir du mouvement progressiste mondial, défendre les causes justes, notamment la Cause nationale, et contribuer à un socialisme démocratique adapté aux défis du XXIe siècle.

Mehdi Ouassat