Belgique

Jean-Marc Vandenbergh de l’ONEM : « Pas 2,3 milliards d’économie, mais une bonne partie »

Dès mercredi, la troisième vague des exclus du chômage entre en application, permettant d’avoir une économie de 2,5 milliards avec la réforme du chômage dès 2030. Depuis le 3e trimestre 2025, on revoit un démarrage du chômage.


Dès mercredi, la troisième vague de bénéficiaires exclus du chômage entrera en vigueur. Cette réforme est censée générer une économie de 2,5 milliards d’euros d’ici 2030.

Jean-Marc Vandenbergh explique que « c’est une réforme qui va crescendo. Depuis janvier, un certain nombre de chômeurs n’ont plus droit aux allocations de chômage. Et le nombre de chômeurs va diminuer. C’est dû au fait que la réforme limite dans le temps les allocations, à maximum deux ans. »

Cette réforme permettra à l’État de réaliser des bénéfices ainsi que des économies : « Globalement, on peut estimer qu’un certain nombre de chômeurs vont se retrouver à l’emploi, on l’espère évidemment. Puis les autres vont aller vers l’assurance maladie ou les CPAS si leurs revenus ne sont pas suffisants et recevoir le revenu d’intégration. C’est ce qu’on observe depuis le début de l’année. Après, je pense qu’il n’y aura probablement pas 2,3 milliards d’économies comme prévu, mais une bonne partie tout de même », ajoute l’administrateur général de l’ONEM.

L’administrateur précise : « On voit des transferts vers les CPAS, mais on ne peut pas encore tirer une conclusion scientifique. »

Pour compenser les exclus, le gouvernement a prévu une aide de 300 millions d’euros, notamment pour les CPAS. Est-ce un montant insuffisant ? « Je ne sais pas juger, c’est en dehors de ma sphère d’influence. C’est le gouvernement fédéral qui a décidé, et je pense qu’il est trop tôt pour le savoir. On voit des transferts vers les CPAS, mais on ne peut pas encore tirer une conclusion scientifique. Il faudra plus de recul pour voir l’ampleur du phénomène. »

En ce qui concerne le retour à l’emploi, la situation est actuellement difficile en raison de la conjoncture. Jean-Marc Vandenbergh souligne qu’il est « difficile à dire car on n’a pas encore assez de recul » et ajoute que cela « dépendra de la conjoncture économique et on sait que notre futur est incertain en ce moment. À l’heure actuelle, il y a beaucoup de postes de travail ouverts, notamment dans des secteurs en pénurie. »

### Cette réforme, un surcroît de travail pour l’ONEM ?

« Faire cette réforme en quelques mois, c’est un exploit », déclare l’administrateur général.

Cette réforme a entraîné une augmentation du travail pour l’ONEM. Selon lui, « on a géré. Après, on n’est pas tout seul. Il y a eu beaucoup d’autres acteurs en jeu, notamment les organismes de paiement et les CPAS. On a intensément mobilisé nos équipes car la réforme s’est faite rapidement. »

En ce qui concerne la charge de travail additionnelle, il a fallu répondre aux appels de détresse des exclus : « On a staffé nos équipes pour que tout le monde puisse avoir une réponse. Nous sommes à 23 secondes de moyenne d’attente au téléphone, ce qui n’est pas mal. Le but est de répondre aux questions des gens. Il y a eu des appels de personnes qui sont en difficulté, mais c’est notre rôle. »

Parmi les interrogations liées à cette réforme, plusieurs portaient sur la non prise en compte des carrières des indépendants : « Non, les activités comme indépendant ne comptent pas. C’est le gouvernement qui a décidé. L’ONEM n’est jamais que l’outil de mise en œuvre et ce n’est pas nous qui prenons les décisions. »

### Le chômage repart en hausse

« Depuis le 3e trimestre 2025, on revoit un démarrage du chômage », note-t-il.

Bien qu’il y ait moins de chômeurs indemnisés pour le moment, cela signifie-t-il que l’ONEM aura moins de travail ? « Probablement un petit peu, mais certainement pas proportionnellement. Car ce qui génère du travail à l’ONEM, c’est l’octroi du chômage. Et le nombre de chômeurs entrants n’est pas influencé par le nombre de chômeurs sortants. Moins de chômeurs indemnisés ne signifie pas moins de demandeurs d’emploi », précise Jean-Marc Vandenbergh.

De plus, le nombre de chômeurs indemnisés a recommencé à augmenter, tout comme le nombre de faillites qui a explosé l’année dernière : « Depuis le 3e trimestre 2025, on revoit un démarrage du chômage. Après, c’est difficile de dire comment va évoluer le chômage et la conjoncture économique. Il n’est pas improbable qu’on ait encore une croissance cette année. Quant aux faillites, on s’attendait à en avoir pendant le Coronavirus, ce qui n’a pas été le cas. Mais il y a peut-être un effet de rattrapage avec un record en 2025 et 34.000 emplois perdus », conclut l’administrateur général de l’ONEM.