Guerre en Iran : Détails sur l’Awacs américain détruit en Arabie Saoudite
Une frappe iranienne sur la base aérienne Prince-Sultan, près de Ryad, a touché un avion E-3G Sentry, entraînant la perte de l’appareil 81-0005. Douze soldats auraient été blessés lors de cette attaque menée par plusieurs missiles et drones.
Des photographies témoignent de la destruction d’un avion E-3G Sentry, également connu sous le nom d’Awacs (système aéroporté d’alerte et de contrôle), suite à une frappe iranienne sur la base aérienne Prince-Sultan, située près de Ryad, en Arabie Saoudite, vendredi dernier.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent un Awacs de la 552e escadre de contrôle aérien de l’US Air Force, impacté à l’arrière, ou se trouve le dôme radar rotatif. Cet appareil avait été engagé dans l’opération Epic Fury.
D’autre part, douze soldats auraient été blessés lors de cette attaque, qui a impliqué plusieurs missiles et drones, et au moins un avion ravitailleur KC-135 aurait également subi des dommages.
Surnommé « les yeux dans le ciel », l’Awacs est un dérivé du Boeing 707, muni d’un radar rotatif capable de détecter des cibles jusqu’à environ 500 km de distance. Ce système aéroporté de détection et de contrôle joue un rôle vital dans l’identification des missiles, amis ou ennemis, et dans la direction des tirs. La destruction de cet appareil pourrait sérieusement compromettre la capacité des États-Unis à détecter les menaces iraniennes à distance, selon les analystes.
La flotte d’E-3G de l’US Air Force, qui comptait 16 appareils dont six déployés au Moyen-Orient, passe désormais à 15 avec cette perte. Cedric Leighton, analyste militaire de CNN et ancien colonel de l’US Air Force ayant volé à bord de l’Awacs, a déclaré que cela constituait « un coup dur pour les capacités de surveillance [américaines]. »
Depuis le 28 février, l’Iran a attaqué des infrastructures de radar et de communication sur plus de sept bases américaines à travers le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis, ciblant les systèmes concernés pour suivre les missiles entrants et coordonner l’ensemble du réseau de défense aérienne, comme l’explique l’analyste au Stimson Center, Kelly Grieco, sur X. Elle précise que ces cibles ne sont pas aléatoires, car elles représentent la couche logistique et de commandement de toute la guerre aérienne.
Les E-3G sont aussi décrits comme « des appareils vieillissants dont le remplacement tarde », selon Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Il souligne que chaque perte est donc significative et aura un impact non négligeable non seulement pour le conflit en cours, mais aussi en cas de tensions dans la région Indo-Pacifique.
L’E-3G doit être prochainement remplacé par des E-7 Wedgetail, également fabriqués par Boeing. Par ailleurs, l’armée de l’air française possède quatre Awacs, dont le retrait est prévu pour 2035, mais elle a opté pour leur remplacement par des avions GlobalEye du fabricant suédois Saab.

