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Donald Trump et son clan ne cessent de prospérer depuis son retour au pouvoir.

Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump et sa famille ont accumulé des gains évalués à au moins 1,4 milliard de dollars, selon une estimation du New York Times. En 2022, deux entités de la Trump Organization ont été reconnues coupables à New York de fraude fiscale et de falsifications comptables.


Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a remis au cœur de son pouvoir un modèle qu’il n’a jamais vraiment abandonné : celui d’un chef d’État dont l’entourage familial est étroitement lié à des activités lucratives. Plusieurs médias américains et internationaux ont documenté, ces derniers mois, une augmentation significative des revenus et des opportunités d’affaires touchant directement le président et ses proches.

Cela inclut un comité de la paix pour Gaza, destiné à reconstruire l’enclave à la manière de Palm Beach, des complexes hôteliers au Vietnam et dans la péninsule Arabique, des indemnisations versées par des médias américains suite à des poursuites en diffamation, un jet privé offert par le Qatar, et des spéculations sur les cryptomonnaies : depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump et sa famille ont amassé des gains estimés à au moins 1,4 milliard de dollars, selon une évaluation du New York Times.

Le secteur le plus surveillé est celui des cryptomonnaies. Reuters a évalué que les activités liées aux cryptomonnaies de la Trump Organization ont généré 802 millions de dollars au premier semestre 2025, tandis que d’autres enquêtes ont estimé à environ 500 millions de dollars les bénéfices tirés de World Liberty Financial, une entreprise où la famille Trump détient une part importante des profits.

Donald Jr, Eric, ainsi que Barron, le troisième fils du président américain, font partie des fondateurs de cette start-up de cryptomonnaies, World Liberty Financial, créée en septembre 2024. Les Trump contrôlent plusieurs milliards de WLFI, une monnaie électronique émise par World Liberty Financial, représentant plus de deux milliards de dollars au cours actuel.

Les fils de Donald Trump ont ainsi amassé des sommes considérables grâce aux cryptomonnaies, tandis que le grand public assistait à la chute de la valeur du bitcoin.

La machine crypto de la famille Trump repose sur deux leviers principaux pour les petits investisseurs, principalement des partisans de Trump : des « memecoins » vendus sous la marque Trump, dont la valeur dépend largement de la spéculation et de l’enthousiasme des acheteurs, et le « stablecoin USD1 », qui capte les intérêts générés par les fonds déposés.

Dans le premier cas, les premiers investisseurs et la famille Trump peuvent tirer profit lorsque les prix augmentent, tandis que les petits investisseurs risquent de perdre beaucoup si l’engouement diminue. Dans le second cas, les utilisateurs détiennent un jeton censé valoir 1 dollar, mais les rendements issus des obligations profitent surtout à l’émetteur, c’est-à-dire à la famille Trump.

Les militants, aujourd’hui pour beaucoup ruinés, ont cru acheter du « patriotisme numérique ». Ils ont en réalité financé le fonds de pension de la famille présidentielle. Alors que des milliers de petits investisseurs américains voient leurs économies s’évaporer, les fils du président, devenus plus riches encore, ont transformé la Maison-Blanche en « salle de marché », comme l’a expliqué Amid Faljaoui dans sa chronique.

Au fond, le texte décrit un système où l’adhésion politique devient un produit financier, avec des gains concentrés en haut de la chaîne et des pertes supportées par les petits investisseurs.

Cependant, la famille Trump doit également attirer des gros investisseurs. Quatre jours avant l’investiture de Donald Trump pour son second mandat, un prince des Émirats a annoncé son intention d’investir jusqu’à 500 millions de dollars dans World Liberty Financial, la plateforme crypto créée par la famille Trump.

Quelques mois plus tard, l’émirat a obtenu un accès à des puces électroniques d’intelligence artificielle très sensibles que l’administration précédente refusait de leur vendre pour des raisons de sécurité. Bien qu’il n’existe pas à ce stade de preuves juridiques d’un accord de type « cash contre puce », cette séquence de politique entreprise soulève des soupçons de contrepartie.

En parallèle, l’Associated Press souligne que ces revenus proviennent non seulement d’investissements privés, mais également de flux liés à des milliardaires, à des investisseurs du secteur crypto, et à des acteurs étrangers dans certains cas.

L’immobilier, les produits dérivés sous licence, les investissements internationaux et certaines structures d’investissement proches de Donald Trump Jr. ont également vu leur poids croître depuis l’élection.

Il convient de rappeler que c’est dans la promotion immobilière que Donald Trump a fait sa première carrière. La Trump Organization est la société familiale de Donald Trump, centrée principalement sur l’immobilier, l’hôtellerie, les golfs et les licences de marque.

Cette organisation regroupe une grande partie des activités commerciales du clan Trump, avec une forte implication des enfants de Donald Trump dans sa gestion. Depuis l’investiture de Donald Trump, la Trump Organization a conclu plusieurs contrats à l’étranger, notamment avec le promoteur saoudien Dar Global, ce qui suscite à nouveau des soupçons de conflits d’intérêts.

Il est également important de rappeler que la Trump Organization a déjà été au cœur de procédures judiciaires aux États-Unis. En 2022, deux de ses entités ont été reconnues coupables à New York de fraude fiscale et de falsifications comptables, dans une affaire où la justice accusait le groupe d’avoir dissimulé des avantages accordés à certains cadres pour éviter l’impôt.

Le parquet de Manhattan avait alors présenté cette affaire comme un exemple de cupidité et de fraude, soulignant qu’il s’agissait de la première condamnation pénale d’une société liée à Donald Trump.

Un autre exemple est le fonds 1789 Capital, auquel Donald Trump Jr. est associé, qui a ainsi gagné en visibilité en raison de ses investissements dans des entreprises susceptibles de bénéficier de contrats publics ou de décisions réglementaires favorables.

Cette montée en puissance alimente les accusations de confusion entre pouvoir et intérêts privés. Le New York Times et Bloomberg ont décrit un écosystème dans lequel la Maison-Blanche, l’empire familial et plusieurs secteurs économiques sensibles sont étroitement imbriqués, notamment au Moyen-Orient, dans la défense et dans la crypto.

Les critiques dénoncent une présidence utilisée comme levier commercial, tandis que les proches de Donald Trump assurent que le président n’intervient pas dans la gestion quotidienne des affaires familiales.

Cette société liée à Donald Trump Jr. et Eric Trump va par exemple investir dans un fabricant américain de drones autonomes, dont certains à usage militaire, via un montage impliquant une fusion avec Aureus Greenway Holdings.

Le fonds 1789 Capital a également investi dans Vulcan Elements, une start-up spécialisée dans les terres rares. Quelques mois plus tard, le Pentagone a accordé à cette entreprise un financement de 620 millions de dollars, sans études préalables et sans appel d’offres, ce qui a immédiatement suscité des soupçons de conflit d’intérêts. Le 25 mars, les démocrates ont même tenté de faire comparaître Donald Trump Jr. au sujet de ces fonds fédéraux attribués à cette entreprise dans laquelle son fonds de capital-risque avait investi trois mois plus tôt. Les républicains du sous-comité des ressources naturelles de la Chambre ont bloqué la motion par cinq voix contre deux et ont mis fin à l’audition. Ces exemples, bien que non exhaustifs, s’inscrivent dans un contexte plus large où les démocrates accusent Donald Trump d’avoir transformé sa présidence en moteur d’enrichissement familial.

À mesure que les montants augmentent et que les secteurs impliqués deviennent plus stratégiques, la question des frontières entre patrimoine privé et fonction publique demeure au cœur des controverses.

Donald Trump continue de traiter la diplomatie comme un levier d’affaires, exerçant une pression sur ses partenaires pour obtenir un maximum d’avantages au moindre coût. Dans son sillage, le clan Trump tire des bénéfices considérables, en transformant le poids politique de la présidence en opportunités privées, notamment à travers les cryptomonnaies et d’autres montages commerciaux.

Cependant, cette frontière floue entre le pouvoir public et les intérêts familiaux nourrit l’idée d’une présidence au service d’un business familial, plutôt que d’un projet d’État.