Halo hair et mèches pop : les colorations graphiques reviennent-elles ?
Aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, la patineuse américaine Alysa Liu a marqué les esprits par sa coiffure bicolore, surnommée « halo hair », qui dessine un halo lumineux autour de sa tête. En 2024, Lydia lance Lyée Studio et imagine des mèches clipsables réalisées à partir de cheveux naturels, entièrement teints à la main.
Blond, châtain clair, brun ? Tournez-vous vers des options plus audacieuses. Les nouvelles tendances capillaires privilégient des couleurs plus vives, plus graphiques et plus originales. Sur les réseaux sociaux ainsi que sur certaines célébrités, les cheveux deviennent un véritable moyen d’expression.
Lors des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina en 2026, la patineuse américaine Alysa Liu a captivé l’attention non seulement grâce à ses performances, mais aussi grâce à sa coiffure affirmée. Sa coloration bicolore, surnommée « halo hair », crée un halo lumineux autour de sa tête. Ce look est rapidement devenu viral : de nombreux internautes tentent déjà de reproduire cette coiffure graphique. Plus généralement, les colorations audacieuses semblent retrouver leur place dans les inspirations beauté.
La couleur comme moyen d’expression ?
Les cheveux n’ont jamais été neutres. Les couper, les teindre ou les transformer raconte toujours quelque chose sur son époque et sur la façon de se présenter. Pendant longtemps, les couleurs vives étaient associées à des milieux artistiques ou alternatifs. Aujourd’hui, ces codes évoluent. Les inspirations capillaires sur les réseaux sociaux se multiplient et redessinent peu à peu l’imaginaire de la couleur. Cheveux bleus pour la créatrice de contenu Penelope Medioun ; cheveux racoon/halo pour Alysa Liu ; cheveux vert fluo en racine pour Billie Eilish. Ces looks circulent, se partagent et se réinterprètent. « Quand on voit des choses très extrêmes à la télévision, ça plante une graine dans le cerveau », note Angel Gomes, coloriste capillaire. « Les gens se disent : OK, c’est extrême, mais pourquoi ne ferais-je pas juste une petite mèche ? Ou une couleur dans la nuque ? »

Selon Fiona, gérante du salon Fostal à Paris, cette évolution reflète également un changement dans le métier et ses influences : « Quand on travaille dans des milieux créatifs comme la musique, la mode ou le design, on s’inspire constamment. La coiffure devient un espace d’expression, pas seulement une prestation ».
Pour Lydia, fondatrice du studio Lyée, cette passion remonte à l’enfance : « Mes premières inspirations viennent des dessins animés de mon enfance, comme les Winx ou Mew Mew Power », témoigne-t-elle. « Les personnages avaient des cheveux impossibles, très colorés. Les mangas aussi montrent les cheveux de manière très graphique ». Chez elle, cette fascination évolue : « En 5e, j’ai déjà testé le tie and dye, puis un côté vert, l’autre rose », se souvient-elle. « On me reconnaissait presque plus à mes cheveux qu’à mon visage ». Aujourd’hui, cette approche graphique de la coiffure se retrouve dans de nombreuses créations capillaires.
« Très vite, je me suis rendu compte que je ne voulais pas faire de la coiffure conventionnelle », déclare Angel Gomes. « J’ai toujours été attiré par des choses plus créatives. Et dans la coiffure, lorsque l’on pousse les limites, on arrive inévitablement vers des couleurs qui ne sont pas naturelles. »
Entre fascination et hésitation
« J’entendais toujours la même phrase : j’adorerais tester comme toi, mais je ne peux pas », raconte Lydia. « Mes cheveux sont fragiles, mon travail, ma famille… » Cette hésitation est fréquente chez ses clients. « Mais des personnalités comme Alysa Liu montrent qu’on peut évoluer dans un milieu très exigeant tout en affichant des cheveux roses ou bleus ».
Ce constat est partagé par Fiona, qui y voit un acte d’affirmation personnelle : « La coiffure, c’est extrêmement intime. On touche à l’apparence de quelqu’un, à la manière dont il souhaite être perçu. La couleur, c’est une façon d’affirmer son style ».
Si les couleurs audacieuses fascinent, elles continuent également d’intimider. Les décolorations élevées, un entretien régulier ou la peur d’endommager la fibre capillaire peuvent freiner les envies. Une inquiétude que comprend Angel Gomes, coloriste. « L’idée ne vient pas de nulle part », note-t-elle. « À une époque, les produits étaient beaucoup plus nocifs ». Toutefois, selon elle, les techniques ont beaucoup évolué. « Aujourd’hui, on utilise des produits bien moins agressifs et on possède une vraie connaissance chimique du cheveu. On apprend à créer non seulement quelque chose d’esthétiquement plaisant, mais aussi à respecter complètement la fibre capillaire. »
Essayer la couleur sans engagement ?
L’hésitation a été un élément clé dans la création de Lyée Studio par Lydia. « J’entendais souvent : j’adorerais tester la couleur comme toi, mais je ne peux pas », explique-t-elle. Cette idée émerge lors d’un voyage au Japon : « J’y ai découvert une approche artistique et créative de la couleur capillaire d’une précision et d’une originalité que je n’avais jamais vues ailleurs », raconte Lydia. « Et surtout, tout le monde portait des tresses ou des extensions en clip avec une totale liberté ».
Il devient alors évident de proposer la couleur… sans l’engagement d’une coloration permanente. En 2024, elle lance Lyée Studio, proposant des mèches clipsables en cheveux naturels, entièrement teintes à la main. Certaines sont même peintes au pinceau, comme de petites œuvres d’art capillaires. « J’applique les motifs un peu comme de la peinture », explique-t-elle. « C’est vraiment cet aspect artisanal qui m’importe ». Chaque mèche est ensuite cousue sur une petite barrette pour une fixation facile dans les cheveux. « L’idée, c’est de pouvoir modifier son apparence un peu comme dans un jeu vidéo », précise Lydia. « On peut tester une couleur pour une soirée, pour une semaine, ou simplement voir si on ose aller plus loin. »
Pour certains, ces essais deviennent même une révélation : « Plusieurs personnes qui hésitaient depuis des années à se colorer les cheveux ont finalement franchi le pas après avoir essayé les mèches », raconte-t-elle. « Les mèches ont été une sorte de permission qu’elles se sont données. »
Que les cheveux soient bleus électriques ou bruns, pour Angel Gomes, il n’y a pas de préférence ; l’enjeu reste le même : « Ce que je préfère dans mon métier, c’est révéler les gens », explique la coloriste. « Parfois c’est avec une couleur très audacieuse, parfois avec quelque chose de beaucoup plus naturel. Peu importe que ce soit du brun, du rose, l’important, c’est que la personne se reconnaisse dans son apparence. »

