France

Dix phénomènes météo extraordinaires : tornade de feu, orage vert, jet bleu.

Le skypunch, observé à Montredon-des-Corbières dans l’Aude, France, le 14 janvier 2025, est un phénomène météo extraordinaire compilé dans le livre de Karine Durand intitulé Les 100 phénomènes météo les plus extraordinaires. En France, on repère officiellement entre vingt et cinquante tornades par an, mais aux Etats-Unis, on en compte chaque année plus de 1.200.


Karine Durand, passionnée par le ciel depuis son adolescence, est une journaliste scientifique fascinée par les phénomènes extrêmes. Elle se souvient : « J’adorais les films catastrophe de science-fiction ». Pour partager cette passion, l’ancienne présentatrice météo décrit des événements météorologiques extraordinaires dans la revue *Futura* depuis quatre ans.

Elle a également compilé des images impressionnantes dans un ouvrage intitulé *Les 100 phénomènes météo les plus extraordinaires*, publié par les éditions Delachaux et Niestlé. Dans cet entretien accordé à *20 Minutes*, elle s’est penchée sur dix de ces photographies.

Le skypunch, observé à Montredon-des-Corbières dans l’Aude le 14 janvier 2025, est l’un des phénomènes météo extraordinaires. Bien que cela puisse ressembler à une rencontre extraterrestre, le skypunch est un phénomène bien réel qui nécessite une intervention humaine pour se former. Karine Durand explique : « On a parfois pensé que ce phénomène était faux. Mais on a prouvé qu’ils existaient vraiment grâce aux images satellites. C’est comme si un vaisseau spatial était passé à travers le ciel. C’est à la fois naturel et artificiel. Il faut des nuages fins et un avion qui passe à travers à la verticale. C’est pour cela qu’on en voit souvent à proximité des aéroports. Quand il passe dans les nuages, l’avion déstabilise l’atmosphère. La température chute d’un coup et cela forme de la glace au centre du nuage. Cette glace devenant trop lourde, elle tombe et vient former ce trou dans le ciel. »

Un autre phénomène, les éclairs araignées, a été photographié à Saint-Valentin dans l’Indre le 7 juillet 2019. « Ce n’est pas un éclair vertical. Ce sont plusieurs branches horizontales qui retombent légèrement vers le sol. C’est ce qui donne cette impression de voir une araignée. On la voit apparaître sur les photos car ça ne dure qu’une seconde. On n’a pas vraiment d’explication sur cette forme. C’est le courant qui se disperse de cette manière », explique un passionné de météo.

L’orage vert, capturé à Blanquefort en Gironde le 24 avril 2019, présente une couleur caractéristique que l’on perçoit souvent à l’œil nu, mais qui est rare en France. « En général, quand on a cette couleur, c’est qu’on a de la grêle en dessous. Et même des grêlons géants. On n’explique pas bien pourquoi on a cette couleur émeraude. On pense que ce sont les rayons du soleil qui se reflètent dans le rideau de grêle qui donneraient cette couleur », indique Karine Durand.

Les sprites, photographiés à Saint-Aygulf dans le Var le 24 septembre 2024, sont un autre phénomène fugace qui se produit lors d’orages très violents. Ces lueurs rouges immenses se répandent sur des centaines de kilomètres. « Le problème, c’est que ça ne dure même pas une seconde. La plupart du temps, on ne les voit pas à l’œil nu mais elles se découvrent sur les photos. C’est une décharge électrique dans le ciel au-dessus des orages les plus violents. Ça paraît paranormal, presque faux », précise Durand.

Le pyrocumulus, aussi appelé nuage d’incendie, est visible sur une photo prise par un satellite. Ce nuage est formé par la chaleur d’un incendie. « C’est très spectaculaire, et surtout très dangereux. Car un orage, ça donne de grands courants de vent donc ça disperse les flammes. Il peut aussi générer de la foudre et donc de nouveaux foyers d’incendie », révèle la journaliste.

Les trombes marines, observées au port de Gênes en Italie lors d’un violent orage, sont des tourbillons se formant au-dessus de l’eau. « Une trombe marine, c’est une tornade sur l’eau. Il faut un orage au-dessus de la mer. On peut avoir plusieurs trombes marines alignées, parfois sous le même orage », décrit Karine Durand.

Les ondes de Kelvin-Helmholtz, aperçues à Saint-Laurent-du-Var dans les Alpes-Maritimes le 10 février 2025, sont un phénomène courant en France. « La forme caractéristique de vagues ne dure que quelques secondes car c’est un nuage en train de se former. Ça se produit lorsqu’on a des couches d’air chaud et froid », explique-t-elle.

Les tornades de feu, paradoxalement, ne sont pas créées sous un orage, mais tout de même impressionnantes. « Il faut un tourbillon de poussière, qui crée un enroulement avec la chaleur de l’incendie. Cela peut s’élever jusqu’à plusieurs centaines de mètres et envoyer des flammes partout autour », décrit la journaliste.

Enfin, un jet bleu observé au-dessus d’un orage montre une décharge électrique à haute altitude, visible depuis l’espace. « Cet éclair circule à une vitesse de 100 km par seconde. On ne le voit pas à l’œil nu mais uniquement sur les photos », conclut Karine Durand.

La journaliste souligne que, bien qu’il y ait entre vingt et cinquante tornades repérées chaque année en France, aux États-Unis, ce nombre dépasse les 1.200. Elle note qu’il n’y a pas d’évolution du nombre de tornades en lien avec le réchauffement climatique jusqu’ici, malgré plus de chaleur et des orages plus violents.