Ils ont dit : promesses et paroles des acteurs clés.
Le marketing automation est décrit comme un « commercial opérationnel en continu », capable d’assurer une interaction continue sans remplacer l’intervention humaine. En Tunisie, le marché carbone commence à émerger, mais le principal frein à son développement reste l’absence de coordination entre les différents acteurs.
Yosra Hmida, experte en marketing automation, affirme que « le marketing automation est un véritable levier d’efficacité commerciale. Plus qu’un simple outil, elle le compare à un « commercial opérationnel en continu », capable d’assurer une présence permanente sans pour autant remplacer l’humain. Cette approche est un puissant moteur de performance commerciale, bien au-delà d’un simple dispositif technique. Il s’agit d’une force commerciale active en permanence, capable d’assurer une interaction continue sans se substituer à l’intervention humaine.
L’enjeu n’est pas de remplacer les équipes, mais de les décharger des opérations répétitives telles que l’identification des prospects, la planification des échanges ou les premiers suivis afin de leur permettre de se consacrer à des actions à plus forte valeur, notamment la transformation des leads. Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des comportements clients, l’instantanéité est un facteur déterminant. Les prospects n’acceptent plus l’attente et exigent des réponses rapides, pertinentes et personnalisées. C’est précisément dans cette logique que l’automatisation s’impose, en structurant le parcours client et en diffusant des contenus adaptés au bon moment.
Cette réflexion met également en lumière une limite récurrente au sein de nombreuses entreprises tunisiennes : la fragmentation entre les équipes commerciales et marketing. Pour dépasser cet obstacle, une démarche intégrée, fondée sur une synergie entre ces deux fonctions est nécessaire. Les retours du terrain deviennent ainsi un levier essentiel pour affiner les stratégies marketing. Cependant, une telle évolution ne peut réussir sans bases solides. La fiabilité des données et la clarté du processus commercial constituent des piliers indispensables. En leur absence, même les solutions les plus sophistiquées perdent en pertinence.
En définitive, le marketing automation dépasse aujourd’hui le cadre d’un simple outil d’optimisation digitale. Il s’impose comme un vecteur de transformation, permettant aux entreprises de passer d’une présence numérique limitée à une organisation commerciale structurée, agile et performante. Un tournant stratégique désormais incontournable pour rester en phase avec les nouvelles exigences du marché.
Imen Khanchel, professeure à l’Université de La Manouba, déclare que « la transition vers une économie bas carbone s’impose aujourd’hui comme un impératif économique autant qu’environnemental. En Tunisie, le marché carbone commence à émerger comme un levier stratégique, mais peine encore à se concrétiser. Ce mécanisme représente une réelle opportunité pour les entreprises, appelées à intégrer progressivement le coût du carbone dans leur modèle économique. Fondé sur le principe du « pollueur-payeur », le marché carbone repose sur un système d’échange de crédits, structuré autour du mécanisme du « cap-and-trade », qui fixe un plafond d’émissions et permet leur échange entre entreprises.
Cependant, malgré un cadre stratégique relativement avancé, avec une contribution nationale actualisée et une stratégie bas carbone alignée sur les engagements internationaux, la Tunisie accuse un retard notable dans la mise en place des mécanismes opérationnels. Le principal frein reste institutionnel. L’absence de coordination entre les différents acteurs, autorités publiques, agences techniques et entreprises, limite l’émergence d’un véritable marché. À cela s’ajoutent des insuffisances techniques, notamment en matière de systèmes de mesure et de vérification des émissions indispensables pour attirer les investisseurs.
Sur le plan juridique, des signaux ont été envoyés, notamment à travers l’introduction d’une taxe carbone dans la loi de finances 2024. Mais faute de décrets d’application, ces avancées restent encore théoriques. Dans ce contexte, l’enjeu devient urgent, en particulier pour les entreprises exportatrices, de plus en plus exposées aux mécanismes internationaux de tarification du carbone. Au final, la Tunisie dispose d’un potentiel important, mais encore largement sous-exploité. La priorité est désormais claire : structurer un cadre opérationnel efficace et coordonné pour transformer ce levier environnemental en véritable moteur de compétitivité économique.
S.AH.

