Tesla brevète une remorque pour améliorer l’autonomie de ses véhicules.
Tesla a breveté un prolongateur d’autonomie sous la forme d’une remorque chargée de batteries. Ce projet n’aura jamais vu le jour, Tesla a confirmé sa suppression en 2025 et a remboursé les commandes.
Tesla a déposé un brevet pour un prolongateur d’autonomie sous la forme d’une remorque équipée de batteries. Ce dispositif pourrait accroître l’autonomie d’un véhicule électrique, bien que ses chances de commercialisation soient limitées, d’autant plus que la marque a déjà abandonné un projet similaire pour son Cybertruck.
Malgré des avancées significatives, l’autonomie des véhicules électriques reste une source d’inquiétude pour de nombreux consommateurs. Cela pousse les constructeurs à innover afin d’accroître les distances entre deux charges. En Chine, on utilise fréquemment des prolongateurs d’autonomie sous forme de petits moteurs à essence servant de générateurs, mais Tesla a exploré une approche différente : une remorque de batteries.
Un brevet récemment publié détaille, en quarante pages, le fonctionnement de cette remorque de batteries et son intégration potentielle au Cybertruck.
**Un concentré de technologie**
Cette remorque n’est pas simplement une batterie « plug and play » : les quatre inventeurs du brevet, dont Wes Morrill, directeur de l’ingénierie du projet Cybertruck, ont conçu un équipement très élaboré.
Le premier défi réside dans le fait que la batterie du pick-up électrique fonctionne sous 800 volts, tandis que la batterie auxiliaire opère sous 400 volts ; cette dernière dispose donc de convertisseurs pour être compatible avec la tension de fonctionnement du Cybertruck.
Plusieurs stratégies de gestion de l’énergie ont été mises en avant : en conduite normale, le système équilibre la charge entre les deux batteries. Il ajuste la décharge pour que les batteries se vident de manière proportionnelle, préservant ainsi leur intégrité et leur efficacité.
Si le système de navigation du véhicule indique qu’une recharge est nécessaire, il ajuste alors sa stratégie. Il gère la décharge durant le trajet pour garantir qu’à l’arrivée, les tensions des deux batteries soient identiques.
Concernant la recharge, plusieurs scénarios sont envisageables. Si les tensions des batteries correspondent, le système « connecte » les deux batteries, permettant un chargement simultané et optimal. En revanche, si les tensions sont inégales à l’arrivée, le système priorise la recharge de celle ayant la tension la plus basse jusqu’à ce qu’elle atteigne celle de l’autre batterie, avant de procéder à un chargement parallèle.
**Un projet mort-né ?**
Si l’idée d’ajouter des batteries supplémentaires au Cybertruck vous semble familière, c’est normal : Tesla avait initialement proposé cette option lors du lancement du pick-up, en partie pour atteindre l’autonomie annoncée lors de sa première présentation. Proposé au prix de 16 000 dollars, ce dispositif aurait permis d’ajouter 130 miles (209 km) à l’autonomie du Cybertruck, le portant ainsi à 470 miles (756 km) en tout. Toutefois, ce prolongateur occupait un tiers de l’espace de la benne et n’était pas amovible.
Finalement, ce projet a été abandonné par Tesla en 2025, et les commandes ont été remboursées.
Cette nouvelle remorque permettrait d’augmenter l’autonomie « à la demande », étant donné qu’elle est amovible. Reste à savoir si elle verra le jour. Un dépôt de brevet n’implique pas nécessairement une disponibilité sur le marché, et les ventes décevantes du Cybertruck pourraient compromettre ce projet.
Enfin, il convient de mentionner l’EP Tender, une invention française de 2013 qui avait déjà envisagé ce type de solution, d’abord avec un groupe électrogène, puis avec des batteries. Ce projet, alors en faillite, a été relancé avec Far A Day, qui prévoit un réseau d’échange de batteries externes à partir de 2027.

