Belgique

Influenceurs dans les favelas : une tendance questionnante et dérangeante

Une nouvelle attraction touristique attire les influenceurs dans les favelas brésiliennes, où il est possible de se faire filmer pour une vingtaine d’euros dans certains des quartiers les plus pauvres du monde. Près de 300 guides ont été formés en quelques semaines pour répondre à la forte croissance de la demande, et il n’est pas rare de voir de longues files d’attente aux abords des spots les plus prisés.


Lunettes de soleil posées sur le nez, pose soignée et accessoire devenu essentiel : un drone filme chaque moment. Depuis quelques semaines, une nouvelle attraction touristique attire les influenceurs au cœur des favelas brésiliennes.

Le résultat est impressionnant. Pour environ vingt euros, ces aspirants à la célébrité sur les réseaux sociaux peuvent se faire filmer dans certains des quartiers les plus défavorisés du monde, transformés pour l’occasion en décors « instagrammables ».

Face à cet intérêt croissant, l’offre s’est rapidement organisée. En quelques semaines, près de 300 guides ont été formés pour répondre à une demande en forte hausse. Aux abords des lieux les plus populaires, il est désormais courant de voir de longues files d’attente se former.

Pour Ronan Monteiro, fondateur de l’agence Na Favela Turismo, cette initiative ne constitue pas une mise en scène de la pauvreté, mais bien une activité professionnelle à part entière. « Nous ne faisons pas de la pauvreté un business. Ce que nous proposons est un travail digne. Une dizaine de personnes sont impliquées. L’objectif est de montrer aussi le visage positif de la favela. Tout le monde cherche à progresser, et peut-être, un jour, à en sortir », déclare-t-il.