Le déficit de la France : un puits sans fond ?
Le déficit public a plus baissé qu’attendu en 2025, à 5,1 % du produit intérieur brut (PIB), inférieur de 0,3 point à la prévision du ministère de l’Économie, qui était de 5,4 %. La dette publique atteint 3.460,5 milliards d’euros fin 2025, contre 3.484,1 milliards fin septembre.
Il arrive que le gouvernement fasse face à des nouvelles positives. En 2025, le déficit public a diminué plus que prévu, s’établissant à 5,1 % du produit intérieur brut (PIB). Ce chiffre communiqué par l’Insee est inférieur de 0,3 point à l’estimation du ministère de l’Économie, qui s’élevait à 5,4 %.
D’après cette première évaluation, le déficit a donc baissé de 0,7 point par rapport à 2024. Cette amélioration a contribué à réduire le ratio de la dette publique au quatrième trimestre : il a chuté à 115,6 % du PIB à la fin de 2025, soit 1,6 point de moins qu’à la fin septembre, mais une hausse de 3 points sur un an. Il est cependant important de replacer cette nouvelle concernant la baisse du déficit public dans un contexte plus large, comparé à 1970, lorsque le déficit était à 0…
**Comment le déficit public français a-t-il évolué depuis 1970 ?**
Comment expliquer les quatre grands pics du déficit public, observables en 1975, en 1993, en 2009 et en 2020 ?
**1975**
Le pic du déficit à -2,9 % du PIB en 1975 résulte d’une combinaison d’un choc économique majeur, avec le premier choc pétrolier causé par le quadruplement du prix du pétrole, et d’une politique de relance publique volontariste. À cette époque, la France connaît un important déficit budgétaire.
**1993**
Le pic de 1993, à -6,4 % du PIB, est principalement attribué à la récession économique qui touche l’Europe, ainsi qu’à une forte augmentation des dépenses publiques, notamment sociales et pour l’emploi. Un troisième facteur est l’explosion de la dette et de ses intérêts, dans un contexte de lutte contre le chômage.
**2009**
Le pic du déficit public français, qui atteint environ -7,4 % du PIB en 2009, est lié à la grave crise financière et économique mondiale de 2008-2009. Cette crise a entraîné une baisse des recettes, poussant l’État à augmenter les dépenses de relance et de soutien aux ménages et aux entreprises.
**2020**
Le pic du déficit public français à -8,9 % du PIB en 2020 reflète les conséquences budgétaires de la crise sanitaire du Covid-19. Cette récession a entraîné une diminution des recettes publiques d’environ 63,1 milliards d’euros (-5 %), notamment sur les impôts liés à l’activité, tels que la TVA et l’impôt sur les sociétés. Parallèlement, l’État a intensifié les dépenses de soutien à l’économie et aux ménages pour atténuer les effets de la crise. En conséquence, les dépenses publiques ont augmenté de 73,6 milliards d’euros cette année-là.
En 2024, la dette publique s’établit à 113,2 % du PIB. Elle est majoritairement soutenue par les administrations publiques centrales, atteignant 154,1 milliards d’euros en 2024. La réduction du déficit que vise le gouvernement est considérée comme essentielle pour contenir la montée de la dette publique nationale, qui culminera à 3.460,5 milliards d’euros fin 2025, contre 3.484,1 milliards fin septembre.

