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G7 à Évian : L’Afrique du Sud, initialement invitée, écartée du sommet

L’Afrique du Sud, initialement invitée au G7 de juin prochain à Evian, n’est finalement plus la bienvenue à ce sommet. Les Etats-Unis avaient expulsé en mars 2025 l’ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, qui n’a toujours pas été remplacé.


Conviée puis écartée, l’Afrique du Sud, qui avait initialement été invitée au G7 de juin prochain à Evian, en France, n’est finalement plus attendue à ce sommet. Pretoria a d’abord évoqué des pressions américaines sur Paris, une affirmation que Washington a démentie, avant de faire machine arrière. Nick Checker, responsable du département d’État américain, a déclaré jeudi que les États-Unis n’avaient « pas demandé aux Français d’exclure l’Afrique du Sud du sommet du G7 ».

« En tant que présidente du G7, c’est à la France qu’il revient de décider qui elle veut inviter aux réunions du G7 », a précisé un porte-parole de la diplomatie américaine. Dans un premier temps, le porte-parole de la présidence sud-africaine avait assuré à l’AFP que le président Cyril Ramaphosa n’était plus invité en raison de menaces de boycott de Washington mentionnées par Paris.

« Nous avons appris qu’en raison de pressions continues, la France a dû retirer son invitation à l’Afrique du Sud pour sa participation au G7 », a déclaré Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence. Toutefois, quelques heures plus tard, Cyril Ramaphosa a affirmé, lors d’un déplacement, qu’« à sa connaissance », il n’y avait eu de « pressions d’aucun pays, que ce soit des États-Unis ou d’un autre ».

Le gouvernement sud-africain est sous le feu des critiques de Donald Trump, qui, depuis son retour à la Maison-Blanche, l’accuse de persécutions visant les Afrikaners, descendants des colons européens. Il critique également les politiques de discrimination positive mises en place pour corriger les inégalités issues de la colonisation et de l’apartheid, ainsi que la plainte déposée par Pretoria pour des actes de génocide visant Israël dans le cadre de son opération dans la bande de Gaza, auprès de la Cour internationale de Justice.

Washington avait aussi imposé à l’Afrique du Sud, première économie du continent, des droits de douane de 30 % sur la plupart de ses exportations, les plus élevés d’Afrique subsaharienne, avant que la Cour suprême ne les annule.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré jeudi que son pays n’avait « cédé à aucune pression » mais avait opté pour un « G7 resserré » et pour inviter le Kenya afin de préparer le grand sommet de la France sur le continent africain en mai à Nairobi, intitulé Africa Forward.

Le président américain avait boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg en novembre et a par la suite exclu l’Afrique du Sud des travaux de ce groupe dont les États-Unis assurent cette année la présidence tournante. C’est Emmanuel Macron, président français, qui avait personnellement invité Cyril Ramaphosa à participer au G7 lors du sommet du G20 en Afrique du Sud, comme l’a rappelé Pretoria. Cette information avait été divulguée par plusieurs médias.

« Les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Afrique du Sud existaient avant l’administration Trump et survivront au mandat actuel de la Maison-Blanche », a encore déclaré Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence sud-africaine. En mars 2025, les États-Unis avaient expulsé l’ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, qui n’a pas encore été remplacé. À ce sujet, le porte-parole a précisé jeudi que Cyril Ramaphosa était « sur le point de nommer l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis, qui fera partie de l’équipe actuellement en contact avec ses homologues américains ».